01 novembre 2013
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Mais la Danse, se dit-il, ce n’est après tout qu’une forme du Temps, ce n’est que la création d’une espèce de temps, ou d’un temps d’une espèce toute distincte et singulière.
Le voici déjà moins soucieux : il a fait le mariage de deux difficultés. Chacune, à l’état séparé, le laissait perplexe et sans ressource ; mais les voici conjointes. L’union sera féconde, peut-être. Il en naîtra quelques idées, et c’est là précisément ce qu’il cherche, c’est son vice et son jouet. Il regarde alors la danseuse avec des yeux extraordinaires, les yeux extralucides
qui transforment tout ce qu’ils voient en quelque proie de l’esprit abstrait. Il considère, il déchiffre à sa guise le spectacle. Il lui apparaît que cette personne qui danse s’enferme, en quelque sorte, dans une durée qu’elle engendre, une durée toute faite d’énergie actuelle toute faite de rien qui puisse durer. Elle est l’instable, elle prodigue l’instable, passe
par l’impossible, abuse de l’improbable ; et, à force de nier par son effort l’état ordinaire des choses, elle crée aux esprits l’idée d’un autre état, d’un état exceptionnel, – un état qui ne serait que d’action, une permanence qui se ferait et se consoliderait au moyen d’une production incessante de travail, comparable à la vibrante station d’un bourdon ou d’un sphinx devant le calice de fleurs qu’il explore, et qui demeure, chargé de puissance motrice, à peu près immobile, et soutenu par le battement incroyablement rapide de ses ailes.
Notre philosophe peut aussi bien comparer la danseuse à une flamme, et, en somme, à tout phénomène visiblement entretenu par la consommation intense d’une énergie de qualité supérieure. Il lui apparaît aussi que, dans l’état dansant, toutes les sensations du corps à la fois moteur et mû sont enchaînées et dans un certain ordre, – qu’elles se demandent et se répondent les unes les autres, comme si elles se répercutaient, se réfléchissaient sur la paroi invisible de la sphère des forces d’un être vivant.
* paul valery. philosophie de la danse. 1936
12:34 | Lien permanent | Commentaires (0)
31 octobre 2013
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Une scène d’amour debout.
Sur une surface de type mur. Dans un élan de type collé.
Une scène d’amour de haute tenue. Sans filtre. Sans lendemains qui ne chantent pas. Sans punk is dead.
Une scène avec un sweat à capuche remonté haut sur les oreilles. Avec courage et élégance. Avec coton, sensation de coton dans les oreilles.
Une scène qui va très vite. Jusqu’au ralentissement extrême de deux doigts pris dans la bouche, jusqu’à l’exact contraire de la vitesse, et l’application de deux doigts pris dans la bouche. Une hâte tellement pas nommable qu’elle te cloue au sol, à lécher lentement.
Une scène d’amour comme de colère, avec de l’impossible quelque part, qui bat quelque part dans les veines. C’est que plus aucune transmission ne se fait dans la moelleusité. C’est que tout passe par dessus une embuche. Tout cascade maintenant. Tout défait les lacets sur son passage. Le désir se saccade, se disloque, se reforme, comme un vieux groupe de rock encore énervé. Encore diablement vivant. Encore perché à un endroit inatteignable mais qui brûle.
Alors une scène d’amour qui brûle. Je te tiens, tu me tiens et le premier qui parle subit l’évanouissement.
Je saurai toujours courir. Et j’aurai toujours à cœur de me tenir droite après l’essoufflement. Je saurai toujours courir et j’aurai toujours à cœur de vérifier mon pouls.
Alors une scène d’amour debout. Sans filtre. Sur une surface de type mur, dans un élan de type rageur.
18:45 | Lien permanent | Commentaires (3)
28 octobre 2013
pour notre sécurité la nuit se déroulera le jour__ je m'inquiète pas, je vais au cinéma.
avec le nouveau ciel ++++ avec le nouveau sucre ++++++++ avec le nouveau son ++++++++++++ le nouveau sol ++++++++ avec les nouveaux muscles ++++++++++ avec les nouveaux siècles +++++++++++++++ le nouveaux cils +++++++++++++++ la nouvelle soif +++++++++++++ avec les nouvelles voix +++++++++++ la nouvelle sève +++++++++++ avec les nouvelles fêtes ++++++++++++++++ avec les nouvelles têtes
15:14 | Lien permanent | Commentaires (0)
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s'il vous semble si urgent de vous branler sur le bleu blanc rouge, on pourrait, je sais pas, organiser un grand pique nique champêtre, avec du vin, du pain, du fromage, des marinières et des chansons bien de chez nous, et nous ferions un point sur ce qui s’engage dans les mots liberté, égalité, fraternité,
dans l’ordre qui vous convient et avec powerpoint historique à l’appui.juste avant la sieste.

12:30 | Lien permanent | Commentaires (0)