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21 avril 2016

_ rendre son regard

« Dans la forêt il faut toujours dormir sur le dos, visage découvert, explique Juanicu à l’anthropologue Eduardo Kohn qu’il guide. Si l’on dort ainsi, on est vu par le jaguar qui rôde comme « un soi », parce que l’on peut, dans cette position, rendre son regard au jaguar. Le jaguar me reconnaît symétriquement en tant que «  soi comme lui-même », et me laisse ainsi tranquille. Mais si l’on dort sur le ventre, visage caché, alors on est vu par le jaguar comme de la viande, et ce dernier n’hésite pas à attaquer. L’identité de l’humain (« soi » ou viande) change en fonction du regard que le jaguar porte sur lui. La manière dont les autres types d’être nous voient importe. Elle change les choses ." 

 

 

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* morizot

01 avril 2016

comment te dire que je t'aime, couleur

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20 mars 2016

je le regarde toujours et toujours le trouve différent.

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15 mars 2016

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l u m i è r e

 

 

 

l u mi     è r           e

 

 

 

             l

09 mars 2016

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{ son // dominique petitgand + des vagues de frehel  + un philosophe + un poème de desnos  }

m i n u i t silence

 

 

 

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06 mars 2016

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03 mars 2016

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" Visible et mobile, mon corps est au nombre des choses, il est l'une d'elles, il est pris dans le tissu du monde et sa cohésion est celle d'une chose. Mais, puisqu'il voit et se meut, il tient les choses en cercle autour de soi, elles sont une annexe ou un prolongement de lui-même, elles sont incrustées dans sa chair, elles font partie de sa définition pleine et le monde est fait de l'étoffe même du corps. Ces renversements, ces antinomies, sont diverses manières de dire que la vision est prise ou se fait du milieu des choses, là où un visible se met à voir, devient visible pour soi et par la vision de toutes choses, là où persiste, comme l'eau mère dans le cristal, l'indivision du sentant et du senti.
Cette intériorité-là ne précède pas l'arrangement matériel du corps humain, et pas davantage elle n'en résulte. Si nos yeux étaient faits de telle sorte qu'aucune partie de notre corps ne tombât sous notre regard, ou si quelque malin dispositif, nous laissant libre de promener nos mains sur les choses, nous empêchait de toucher notre corps ― ou simplement si, comme certains animaux, nous avions les yeux latéraux, sans recoupement des champs visuels ― ce corps qui ne se réfléchirait pas, ne se sentirait pas, ce corps presque adamantin, qui ne serait pas tout à fait chair, ne serait pas non plus un corps d'homme, et il n'y aurait pas d'humanité. Mais l'humanité n'est pas produite comme un effet par nos articulations, par l'implantation de nos yeux, (et encore moins par l'existence des miroirs qui pourtant rendent seuls visible pour nous notre corps entier). Ces contingences et d'autres semblables, sans lesquelles il n'y aurait pas d'homme, ne font pas, par simple sommation, qu'il y ait un seul homme. L'animation du corps n'est pas l'assemblage l'une contre l'autre de ses parties ― ni d'ailleurs la descente dans l'automate d'un esprit venu d'ailleurs, ce qui supposerait encore que le corps lui-même est sans dedans et sans « soi ». Un corps humain est là quand, entre voyant et visible, entre touchant et touché, entre un œil et l'autre, entre la main et la main se fait une sorte de recroisement, quand s'allume l'étincelle du sentant-sensible, quand prend ce feu qui ne cessera pas de brûler, jusqu'à ce que tel accident du corps défasse ce que nul accident n'aurait suffi à faire... "

 

 

l'oeil et l'esprit. merleau ponty

 

 


12 février 2016

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"Tant que la misère existe, vous n'êtes pas riches. Tant que la détresse existe, vous n'êtes pas heureux. Tant que les prisons existent, vous n'êtes pas libres."

 

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05 février 2016

- on faisait des médecines

le rêve de l'homme était d'abord en bois, ce n'est que plus tard qu'il devint une chimère voyageant de dormeur en dormeur; un rêve faisait du tapage lorsqu'il prenait fin, il tombait au sol comme un billot, il tombait des lits, il y avait beaucoup de bruit sourd dans les maisons du sommeil. au cours des hivers particulièrement froids, on attisait des feux avec des rêves, on s'y réchauffait, on avait l'art, même à partir de rêves inutiles de préparer des choses utiles, de leurs cendres encore chaudes, on faisait des médecines, quiconque les prenait pouvait pouvoir l'avenir;les femmes devinaient le sexe des enfants qu'elles portaient, les hommes les avalaient à la veille d'une expédition de chasse ou de guerre, ils se conformaient à leur verdict.

 

le soleil était un oeuf vert - artmann

 

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08 janvier 2016

en modifiant sa forme

" A la peur qui sidère l'humanité, à la peur qui nous rend durs et cassants comme du verre, il faut opposer la puissance de la faiblesse : céder toujours à ce qui pousse, pèse, perce, envahit, submerge, en ployant, en modifiant sa forme, en se diluant, en s'éparpillant. je me suis mise à l'école de l'eau  pour devenir invulnérable  : glisser, couler, s'évaporer, ne tenir à rien, se diviser, s'infiltrer, ne plus arrêter la lumière, absorber les coups, ne jamais obéir à la voix,

 

diffracter les images" 

 

 

 

 

 

_____ en décembre, nous faisons des films pour entrer dans l'année pour entrer dans le film.

 

 

 

( musique Tonstartssbandht 5 ft 7 )

( texte extrait de david bosc - mourir et sauter sur son cheval )

 

 

 

 

 

 

 

04 janvier 2016

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des livres
des livres entre les hommes
des espaces reliés et ouverts comme des livres entre les hommes
des corps comme des livres, reliés et ouverts, des corps d'hommes dignes et vivants comme des livres entre les hommes.
2016 enfin remis sur pieds, ne déclarera rien avant d'agir, et je le souhaite, offrira encore____

une petite fille aux mains terreuses expliquant que c'est son feutre qui dépasse. une dame aux oies devant qui l'on s'excuse d'avoir souillé l'entrée, rétorquant qu'on ne va pas marcher sur la tête non plus !

2016 offrira encore___

ta nuque enamourée de soleil, et tes yeux remis à leur bonne place par des aplats d'air et de lumière

du désir très calmement ardemment puissamment réparti

des messages, écran lumineux, textes minuscules, des messages que l'on attendra, lira en hâte, qui ne demanderont pas, inquiets, où l'on se trouve et si l'on est vivant, car nous le serons, vivants

 

et là.

 

entrons dedans.

01 janvier 2016

entrer dedans.

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29 décembre 2015

là c'était comme fondre

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D'abord dormi exactement comme cela venait, dans l'évidence de quatorze heures, le visage offert à deux ou trois rayons. La forêt sans saison, mais si belle, changeante, épaisse et profonde comme un tableau  :  en veilleuse de sommeil pour moi.
Dormir là c'était comme fondre, et toutes entières reviennent les lectures, les prénoms,les lèvres et les visages. Ils s'appliquent sur la peau à peine froissée au réveil.
Après des dindons roses et bleus riaient à chacune de mes phrases, pourtant secrètes, et je constatais, en demeurant longtemps près d'eux, que six jeunes coqs sont aussi curieux que des enfants si l'on se donne le temps de simplement être parmi eux. A quoi l'on rajoute pour compléter ma joie, dans la lumière de seize heures cette fois, le rouge baiser de leur tendre crête.

 

 

 

 

 

 

 

 

21 décembre 2015

---- deux mille quinze ----

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En mars dernier, nous sommes plusieurs réunis autour d’une table au fond de la Librairie de Paris, Place de Clichy. Mon interlocuteur me demande de quelle manière les images des récits homériques résonnent, pour moi, avec notre époque. Je lui réponds que j’ai récemment entendu parler d’un homme qui, après avoir tué d’autres hommes, les traina sur le sol, tout sourire, derrière un véhicule, en Syrie. Que je n’ai pas vu cette image, mais que sa description me renvoie directement à celle d’Achille traînant derrière son char le corps d’Hector après l’avoir tué. Que c’est une image qui m’a aimantée, comme des milliers d’humains avant moi. Une épouvante. Ce massacre et cette cruauté répondant dans la logique du guerrier, au massacre de son ami par son ennemi, la nuit d’avant. Vengeance. Contre vengeance. Et escalade des horreurs.

Si l’on fait parfois s’adresser le mythe au présent, c’est que l’on soupçonne y trouver un lieu de pensée plus au « calme », pour dénouer des enjeux que le temps dans lequel nous vivons nous présente souvent trop collés pour être lus. D’une certaine manière, le mythe est un lieu aéré, qui ventile.

Dans Achille je m’engueule avec le guerrier. Je suis impuissante, sa mère ambivalente, son père rompu aux traditions, et Achille part à la guerre en empruntant des chemins poussiéreux. Encore une fois, les chemins sont poussiéreux parce qu’ils sont anciens, et Achille est exalté parce qu’il croit que tout est neuf.

Dans plusieurs textes, la romancière Leslie Kaplan parle de Kafka, et entre autre de cette citation “Ecrire, c'est sauter en dehors de la rangée des assassins”. C’est par elle que la phrase de Kafka a fait lentement son travail - en moi -, jusqu’à rejoindre le texte d’Achille.

Parce que vivre aussi, c’est sauter en dehors de la rangée des assassins. Parce que la rangée, le sillon, le chemin des assassins ont beaucoup d’arguments pour attirer dans leurs vieilles traces les nouveaux pas, alors il faut du courage, de la reconnaissance, de l’histoire, pour faire le saut dans ce sens et pas dans l’autre.

 

Oeil pour œil, dent pour dent, n'existe pas. Pour une violence subie, une violence faite n'a rien à voir. Ne soulage pas. Ne rembourse jamais. Ne ramène aucun mort à la vie. La colère d'Achille et son immémoriale tristesse ne se résorbent pas avec le massacre d'Hector et je crois qu'il le sait. De le savoir creuse son désespoir, et creuse son impuissance, les deux font le lit de sa violence.
C'est l'enfer de la répétition. De le savoir mais de le faire quand même. C’est le comble du désarroi.

Le passage à l'acte violent rend dévastatrice une pensée qui n'était violente que pour consolation. Devenue action, elle ne console de rien. Mais c'est l'enfer de la répétition que de le savoir au fond et de le faire quand même.
Les tueurs ont beau argumenter en bout de course que leur geste vient venger les morts d'ailleurs, d'avant, ils savent que c'est un faible château de cartes, mais c'est l'enfer de l'enlisement qui n'enraye pas la répétition. Ils le savent tellement qu'ils sont armés jusqu'aux dents.

Alors qui capte la violence pour la promettre rédemptrice ?  Des marchands de quelque chose.
Des charognards. Et le seul monde que nous ayons nous réunit, nous tous : les charognards, celle qui écrit de rage, celui qui explose, celui qui pleure à la statue, celle qui meurt au bistrot, dans le bateau sur la méditerranée, sous les ruines de Syrie ou d’ailleurs. Où a-t-on lu que les frontières, les siècles étaient imperméables, et que la violence, même lointaine, même inactuelle, n'y circulait pas comme un nuage radioactif ? 
Nos démocraties contemporaines s'en débarrassent aux marges, pensant que le conflit et la violence n'atteindront jamais le centre. Et un jour, bim, c’est le cœur.

 

 

MR ____ 20 novembre 2015.

 

Achille est paru aux éditions Sabine Wespieser, en mars 2015.

ça travaille

 

 

 

 

 

 

bulles infimes de solitude, les vagabonds, les amoureux, les lecteurs, font dans la soupe collective un ferment qui nous sauve. Et si la plupart de ces bulles échouent à remonter à la surface, qu'importe ça travaille, ça lève.

 

 

- david bosc -

16 décembre 2015

coyotes

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07 décembre 2015

...

 

 

 

 

choc- évènement - réaction - spectacles de réactions - spectacle du choc - spectacle de l'évènement - re-spectacle de réactions

 

 

 

 

 

 

 

 

 

24 novembre 2015

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Deux bouts de peau qui se retouchent et suturent observées en accéléré au microscope : c’est fascinant. Rien ne semble pouvoir empêcher le recouvrement des blessures. Ce matin dans Paris, entre autre collage qui prenait bien : Samuel Beckett dans un papier noir et blanc, photocopié et découpé de près, jouait au basket sur le playground du canal saint martin avec cinq ou six mecs suant leur vapeur dans Novembre. Ses lunettes rondes remontées sur le front, il souriait aux passants un peu engourdis par la nuit noire des explications rances et religieuses. Et Samuel leur disait, "la violence n’est pas plaisante à voir, c’est sûr, mais si tu ne la panses pas ici, elle repassera par là." Comme les trottoirs se repeuplent, que le chagrin dans la gorge ne se voit pas dans la foule, j’ai bien envie de croire, avec mon Samuel en papier, que c’est l’heure, encore et encore, de se remonter les manches de la pensée, d’autant plus qu’on a encore des genoux pour rebondir

 

 

 

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23 novembre 2015

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rouge coeur déboisé - jusqu'au dernier mec boiteux sorti vaillant il pleurera - a pas saigné - pas couru - eu peur de quoi appartient pas -
l'arbre il est là pour tes yeux les leurs et la musique et les mains jointes les regards portés haut ne connaissent pas de drapeaux, même ceux des pirates cherchent trop de territoire - appartiens pas - pas pas pas pas
any bird for friend ? - vole trop vite pour toi
il n'y a qu'un seul monde avec une seule humanité - pas joli joli et donc ? - n'est pas une seule barrière qui ne tombe pas un jour - fausse cachette - fausse guerre - fausse prison - regarde pas la violence ce jour elle repassera par là le prochain -
les balles font des trous dans les corps et dans la pensée - le corps tombe, la pensée avance trouée combien de temps ?

 

 

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