29 août 2014

lay lai

nous n'aurons jamais assez d'un fleuve. ni assez d'une pirogue. et nous aurons tord. nous aurons toujours envie de partir vite après la pluie, pendant la pluie. alors qu'elle n'en a pas fini avec nous. nous n'aurons jamais assez d'un plat, un seul plat. un seul goût. car le pluriel est notre slogan. la lassitude n'est pas là.

je veux monter à mille sur un scooter. étendre mon k-way léopard. défaire Hanoi et Ventiane en mini-jupe.

de quel retour tu parles.

 

 

28 août 2014

mékong

 

 

 

HEURE DE BAIGNADE
LEVER DE LUNE
ÉTEINDRE LES MOTEURS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

18 juillet 2014

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- Ta grand-mère vendait des fleurs et ton arrière-grand-mère aussi.
- Ah oui, c’est fou, je savais pas. Et toi tu vendais quoi ?
- Oui c’est fou.
- Tu vendais quoi ?
- Des dieux.
- Ah oui ( je souris ) tu vendais des dieux, genre des p’tites statues ?
- Non des vrais dieux. Pas cher.
- Et on t’achetait des dieux pendant qu’on achetait des fleurs à ta mère ?
- ….
- Et tu penses qu’on va terminer mon costume de sirène ?
- Qui sait.  

 

 

 

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15 juillet 2014

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autour de la table nous ravalons des heures de discussion restées dans des nuages de stockage. en attente et sans bande son. nous ravalons de vieux cauchemars de jeunes filles, trépignons d'impatience devant les barrières molles de nos limites, de n'être plus au carrefour, au rebord des désirs, au devant des maisons. il y a une chanson qui dit je suis contre les chastetés, mais nous aussi à la fin ! nous ne voulons pas seulement être enlevées ou ravies à nos pères comme les sabines, nous voulons de nous-mêmes, et en souriant, prendre la clefs des champs des villes. maintenant.

toujours avec E., on dit toujours cela entre la rage et la joie de nous sentir si vivantes et l'on sait qu'en secret, c'est après un train d'avance que l'on court. 

 

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11 juillet 2014

les folles sont reines


03 juillet 2014

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tout à fait indépendamment.

 

 

 

 

 

 

26 juin 2014

la meilleure façon d'être vivant c'est d'être vivant


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1. Le vent se leva dans la nuit et emporta tous nos projets.

(Proverbe chinois)

5. Raconter des histoires parmi les pauvres a un secret : les histoires sont racontées pour qu’on puisse les écouter ailleurs, où quelqu’un, ou peut-être une foule de gens, sait mieux que le conteur ou que les protagonistes de l’histoire ce que la vie veut dire. Les puissants ne peuvent pas raconter d’histoires : les forfanteries sont le contraire des histoires, et toute histoire, même si elle est timide, doit être sans peur : or les puissants vivent aujourd’hui les nerfs tendus.

Une histoire renvoie la vie au jugement d’un autre juge dont la sentence est plus définitive et qui se trouve très loin du lieu où se raconte l’histoire. Ce juge peut se situer dans l’avenir, ou encore dans un passé qui est encore attentif, ou encore par-delà les montagnes où la chance du jour a changé (les pauvres doivent souvent parler de bonne ou de mauvaise chance), si bien que les derniers sont devenus les premiers (1).

Le temps de l’histoire (le temps à l’intérieur de l’histoire) n’est pas un temps linéaire. Les vivants et les morts se rencontrent, s’écoutent et se jugent à l’intérieur de ce temps, et plus on a l’impression d’un grand nombre d’auditeurs, plus l’histoire devient intime pour chacun d’entre eux. Les histoires sont une manière de croire que la justice est imminente, et cette croyance peut à tout moment mettre aux prises avec une extraordinaire férocité enfants, femmes et hommes. C’est pourquoi les tyrans redoutent les histoires : toutes, d’une certaine manière, renvoient à celle de leur chute.

10. Les multitudes ont des réponses à des questions qui n’ont pas encore été posées et la capacité de survivre aux murs. Ce soir, avec deux doigts, suis le tracé de ses cheveux avant de t’endormir.

john berger

22 juin 2014

,

ce gamin là
me montre tout
et pointe du doigt
la non-beauté
des nudités
pour m'initier
dans un sourire
à la chaleur humaine

 

 

 

 

 

 

 

 

 

*

21 juin 2014

nuage, oiseaux tempête

 

En fait il dit la même chose car à peu de choses près nous disons la même chose.
Il dit qu’ici rien n’échappe au vent quand le vent souffle, et que, de la même façon, rien n’a vraiment échappé à une sorte de rouleau lourd passé sur son corps, celui de ses enfants, les enfants de ses enfants.
Il dit qu’il voudrait mettre son visage dans un autre vent, et qu’il mettrait sa main à couper ou quelque chose d’aussi ancien, que son visage il le sentirait soudainement tout autre.
En fait il dit cela, et l’autre dit aussi cela. Il se peut que la façon de le dire varie moins que ce que l’on croit savoir ou entendre. Il porte une chemise retroussée aux manches et cette raie dans les cheveux faite à l’eau de pluie, à l’eau de lac, dessinée moitié avec les doigts, moitié avec le peigne rangé dans la première poche. La poche juste au-dessus du cœur. Qui vibre quand le cœur vibre. En fait c'est aussi simple que cela c’est une raie dans les cheveux qui se trace par l'oscillation du cœur.
Il dit et l’autre dit pareil, et il se peut que la façon de le dire varie  oins que ce que l’on croit comprendre, ou voir, ou entendre. Ils sont assis sur le seul banc de cette petite gare oubliée dans le sel, et seulement le souvenir du souvenir du bruit des rails passe. Cela tombe bien, et c’est leur force, ils n’attendent rien d’autre.

 

11 juin 2014

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La France a des réactions d'épave dérangée dans sa sieste

 

 

 

 

 

* rené char, 1943

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

08 juin 2014

ETRE AMOUREUX


podcast

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06 juin 2014

question-réponse 1

comment il faut armer un texte ? romain le raconte à coup de duels et de fusils et finalement c'est lui qui me posait la question en premier. je lui laisse la méthode on a qu'à dire. il délèguera à Dumas ou à d'autres. il est âme généreuse.
moi je demande ( toujours ) pourquoi armer un texte, et pourquoi s'armer à l'intérieur du texte, et pourquoi fabriquer des textes armés.

d’abord parce que je me méfie du désir d'écrire et qu'en même temps que je me laisse volontiers faire par lui, je-le-braque-ce-désir. qu'est ce qu'il y a dans la veste du désir d'écrire ? c’est louche. moi, je vois entrer un type bourré dans un saloon avec une main suspecte à la ceinture, je crois que je me tiens prête à dégainer. pas pour le blesser ( j'ai des impératifs de douceur )  mais pour être certaine de pouvoir discuter tranquille.
il s'agit de s'armer devant un texte pour être certain de pouvoir discuter (tranquille) avec son désir d'écrire.

l'idée "d'avancer armé", avance elle-même, avec l'idée de virilité. mais on peut, on doit, illico, lui substituer l'idée de puissance. armer un texte c'est lui assurer des sous-souls et des enfers puissants, qui le lestent sans l'alourdir en apparence. armer un texte c'est lui permettre d'être conscient et inconscient de lui-même, et lui offrir la souplesse des deux. on dirait armer un être de connaissance, qu'il soit tout à fait libre de l'oublier. de s'en passer sévère.

j'arme mon texte contre ses propres pentes. ses propres tournures. les miennes. je veux qu'il puisse les défaire quand le lecteur approche. se désaper. sans intro. j'arme un texte pour qu'il n'ait pas peur de se retrouver nu, déshabillé, sa bite et son couteau.
la langue compte dans ses rangs suffisamment d'appareils d'oppression, de logique de répétition, d'histoire savante, pour que le texte soit légitime à être armé contre ça.

j'arme un texte car je crois dans l'exercice de cette violence. c'est la seule que j'accepte. elle est l'érotisme même.

une fois pour toutes, surtout, surtout, j'arme un texte dans l'espoir à peine naïf de désarmer les humains.

29 mai 2014

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" Parce que nous pensons que les mouvements sociaux et politiques ne peuvent plus user des logiques néfastes du marketing pour communiquer, Nous recherchons les supports et les formes pour rompre avec les images du commerce et encourager les résistances et les rêves"

 

FORCES
VIVES
FORMES
VIVES

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voir là où c'est vivant

 

 

 

 

 

 

 

28 mai 2014

je me réveillais. ils s'entraînaient encore.

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alors le ciel est tombé sur la tête de qui ?
à faire de la politique pour les cinq prochaines minutes, qu’on oubliera les cinq prochaines d’après, et à donner à chacun le pain de son petit jour, pour éviter qu’il grogne, tout en subtilisant le champ, le blé, les outils, ( la farine tout ça ) par derrière. laissant tout le monde les pieds les poings liés. le ciel n’est pas tombé. faut arrêter.

nous avons longuement construit l’échelle à l’envers, pour qu’il descende tranquille. alors les échos furent massifs, la tristesse, l’émigration, blabla, je vais quitter ce pays de f***** pouvait-on lire, mais où sommes-nous quand il faut endiguer la chute ? et qui est dehors, sous la pluie, à calais, debout, pour dire que ce pays ne sera pas le lieu de ce que l’on voit sous la bâche ? qui se réunit par millions pour dire que la télé c’est la nôtre, l’assemblée c’est la nôtre, la radio c’est la nôtre, le pouvoir c’est le nôtre ? si les chiffres font pour une fois sens, c’est quand ils disent que nous sommes plus nombreux que ceux sensés nous représenter. et que chacun a droit à la parole digne.
plutôt que d’ouvrir bien grand sa bouche un dimanche soir avec la bière, pour pleurer sur l’épaule des plateaux où l’on affiche les r.é.s.u.l.t.a.t.s, on devrait pleurer sur notre manque de courage à réactualiser nos démocratiques institutions pour qu’elles retrouvent sens et légitimité.
je ne suis pas morose. je ne suis pas désespérée depuis dimanche soir. je ne suis pas de ceux qui hurlent avec les loups sous les toits cossus où il fait chaud. ou alors je le suis depuis des années.
à faire semblant de pleurer, on alimente la machine à foutage de gueule et c’est elle qui sape le principe même de représentation. il arrive ce qui arrive. le reste n’est que mise en scène.
je ne me sens pas légitime à me lamenter sur des chiffres qui disent que l’on organise l’exclusion et l’aplatissement, car nous sommes ces chiffres. nous sommes ces chiffres. nous sommes ces chiffres. ça veut pas dire que je suis contente. loin de là.

19 mai 2014

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Je descends deux enfers plus loin
Pour que l'orage s'annonce


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(christine and the queens saint claude )

12 mai 2014

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douze mai, saint achille

 

Achille va mourir à la guerre, sous les murs de Troie, et toi, Thétis, tu le verras au plus haut de ce que tu pouvais l’aimer. Il sera sublime, il sera blond et fort, il sera ailé de la tête jusqu’aux pieds. Ce sera ton fils et l’au delà de ton fils, réunis en un seul jeune, terriblement jeune héros, et d’un coup, en une fraction de seconde, il ne sera plus.
Il y a et puis il n’y a plus.

Ton fils est là, il excelle, toute l’armée, tous les hommes chantent son nom, toutes les femmes convoitent sa protection et son corps, et voilà qu’il n’est plus. C’est brutal, et tout à fait doux comme façon de s’éteindre.
l y a du sang, il y a des larmes, il y a du sperme, du souffle, de l’eau, et puis il n’y a rien.
Et ce rien n’est pas le vide, ou le contraire du plein, ce rien c’est l’arrêt immédiat et sans retour de ce qui fait ton fils vivant. Le plus vivant de tous, le plus beau d’entre tous. Le rien qui arrive et chante la fin brutale et douce de ton fils adoré, c’est un oiseau qui dit son nom. Il ne reste que son nom. Une couture de lettres tendres que tu répèteras en errant.  Tu diras Achille…, Achille... et tout se rendra indépendant. Chaque lettre se détachera de l’autre pour aller, au plus près des astres, attraper ce qu’il y a de lumière chaude, et chaque lettre chantera, non seulement le nom entier de ton fils, mais aussi son histoire, son arrogance et ta tristesse. Chaque lettre sera le tout de ce tout morcelé. Chaque lettre, tu la porteras comme un collier lourd et pesant un animal mort à la course. Chaque lettre te collera à la nuque et à la poitrine. Tu ne pourras rien ôter de son nom, car son nom c’est ce qu’il restera quand tout aura cessé. Cela va arriver brutalement et sans cris, et sans à-coups, et sous les murs de Troie, devant le combat à l’endroit même où il se sera illustré.
Cela arrivera Thétis, et par ma voix je te préviens.

 

 

 

 

 

 

***

 

09 mai 2014

je t'aime

(...)

Ceux qui appartiennent à nous gardent leur liberté. Nous ne reconnaissons aucune théorie. Nous avons assez des académies cubistes et futuristes : laboratoires d’idées formelles. Fait-on l’art pour gagner de l’argent et caresser les gentils bourgeois ? Les rimes sonnent l’assonance des monnaies et l’inflexion glisse le long de la ligne du ventre de profil. Tous les groupements d’artistes ont abouti à cette banque en chevauchant sur diverses comètes. La porte ouverte aux possibilités de se vautrer dans les coussins et la nourriture.
Ici nous jetons l’ancre dans la terre grasse.
Ici nous avons le droit de proclamer car nous avons connu les frissons et l’éveil. Revenants ivres d’énergie nous enfonçons le trident dans la chair insoucieuse. Nous sommes ruissellements de malédictions en abondance tropique de végétations vertigineuses, gomme et pluie est notre sueur, nous saignons et brûlons la soif, notre sang est vigueur.

(...)

Les écrivains qui enseignent la morale et discutent ou améliorent la base psychologique ont, à part un désir caché de gagner, une connaissance ridicule de la vie, qu’ils ont classifiée, partagée, canalisée; ils s’entêtent à voir danser les catégories lorsqu’ils battent la mesure. Leurs lecteurs ricanent et continuent : à quoi bon?
Il y a une littérature qui n’arrive pas jusqu’à la masse vorace.Chaque page doit exploser, soit par le sérieux profond et lourd, le tourbillon, le vertige, le nouveau, l’éternel, par la blague écrasante, par l’enthousiasme des principes ou par la façon d’être imprimée.

(...)

Je vous dis : il n’y a pas de commencement et nous ne tremblons pas, nous ne sommes pas sentimentaux. Nous déchirons, vent furieux, le linge des nuages et des prières, et préparons le grand spectacle du désastre, l’incendie, la décomposition. Préparons la suppression du deuil et remplaçons les larmes par les sirènes tendues d’un continent à l’autre. Pavillons de joie intense et veufs de la tristesse du poison.