15 octobre 2014

#ACHILLE

En l’écoutant, je pense au Styx évidemment, mais  je me dis, surtout, qu’ouvrir c’est comprendre. Sentir l’enfer ouvert sous ses pieds, c’est aussi sentir toute proche la baignade de la compréhension. Je le laisse errer dans son propre cauchemar. Je vais prendre une douche. Je l’entends de loin.

14 octobre 2014

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regardant sans voir on l'appelle invisible ; écoutant sans entendre on l'appelle inaudible ; palpant sans atteindre on l'appelle imperceptible ; voilà trois choses inexplicables qui, confondues, font l'unité.
son haut n'est pas lumineux ; son bas n'est pas ténébreux. cela serpente indéfiniment indistinctement jusqu'au retour au non-chose.

on le qualifie de forme de ce qui n'a pas de forme.
et d'image de ce qui n'a pas d'image

 

Lao tzuLao tzu

10 octobre 2014

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ce qui nous tient prisonnier est ancien.

en langue peinte par les autres et dit que la paix est faite depuis longtemps
que la guerre n'a jamais lieu.
que la guerre n'a jamais eu de fin
tous les jours la grosse chose,
tous les jours nous regardons la nuit seule et les phoques potelés comme les derniers survivants de quoi ? 
 
cherche les bâtiments pâles, paupières de paysages.
cherche çà à l'instant et demain aura changé de nom c'est couru d'avance. 
 
au milieu de chaque saison je sais qu'il y a en moi un automne invincible.
comme ton dos est sage et comme tout est rivière,
 
LE LIVRE SUR ACHILLE EST PRÊT
 

07 octobre 2014

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05 octobre 2014

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cela se passait en deux temps. le premier : wagon ou escalator, tous  convaincus du bien fondé de l histoire d’amour n’importe laquelle, il y avait un homme noir, entré avec un grec samouraï, il scrutait le corset d’une jeune femme pas pour lui trouver des seins qu’elle avait par ailleurs, mais parce qu’il n’avait aucun autre choix. ses yeux ne cherchaient rien dans son corsage qu’une solution pour en sortir. il était en métal, et conçu pour aimer, et tant qu’elle était assise juste près de lui par le hasard du rer b tout allait bien, la seule idée que cette géographie puisse changer, le rendait fou, fou et désespéré, sans appétit pour le grec et prêt à être lui aussi les rails, le surgissement du train sur les rails, et tous les transports qu’elle aurait voulu.

 

le deuxième temps c’est scruter en long en large les yeux d’aigle de samuel b, savoir ce que l’on dit de lui, à peine, et envisager qu’à répéter un seul mot - disons que cette fois ci ce soit le mot amour - il parvient à être l’aigle amoureux, et surtout, ce qui dépasse de loin la première image, à figurer le vol planant d’un aigle ne se déplaçant que parce qu’au fond d’un estomac, qu’il a plus petit que l’humain, se loge le désir impétueux d’être près d’un autre oiseau- aimant. je regarde samuel b, où l’image la plus connue de samuel b et je suis certaine qu’il a fait ça.

 

- heure d'arrivée -

 

 

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01 octobre 2014

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30 septembre 2014

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trente soleils font trente matins font trente rues font trente vélos et trente vestes à sequins noirs et trente palais sans murs et trente imaginations avec couleur
trente ardoises font trente toits et trente joies font trente soleils. trente paix font trente désirs et autant de célébrations.

 

 

 

 

 

A U G U R I

 

 

 

 

 

 

29 septembre 2014

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le mal m'alimente et l'amendement du mal m'alimente

 

 

 

j'humecte les racines de tout ce qui pousse sur terre

 

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21 septembre 2014

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   _____________________________________________ mon amour

 

 

 

 

 

 

 

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L’orage avait sanctionné une après midi entière de ville imaginaire. Et désormais les gouttes grasses qui allaient du cuir rouge de la chaise, au zinc étrangement bleu du balcon, étaient des sourires, à peine ramassés sur eux-mêmes, mais tellement rutilants, tellement transparents aussi, tellement capables, comme des dents, d’arracher à quiconque la reconnaissance d’une humanité.

‘Enfin l’orage’ avait gueulé les jeunes hommes appuyés au garage à vélo en bas. Comme libérés d’eux mêmes et de l’obligation de veiller sur une ville qui ne cessait de se dérober en glissant doucement sur  l’odeur de la pisse. Enfin l’orage avait aussi pensé la vendeuse ennuyée et pulpeuse du café boulangerie, voilà, quelques minutes s’annonçaient sans aucun client indécis, car ils sont froussards, et frileux, et qu’un brin de pluie comme ça, un peu dur, un peu décidé, ça te les cloue jusqu’à dix neuf heures au pieu, heure de fermeture, heure de paix.

Et moi, cinquième étage, je comptais par la fenêtre les points imprécis mais beaux de la dentelle qui me servait de chance.

 

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18 septembre 2014

en langue de juin

 

Vous hésitez ; vous regardez en l’air, les fenêtres muettes d’un grand poète, et plus haut que les fenêtre le mois de juin : car c’est juin, les quatre pieds de ce trône bleu appuyé sur les toits. Et en même temps que juin, c’est l’évidence de la niaiserie poétique qui vous tombe dessus ; c’est elle qui est assise sur vous, c’est là-dessous que vous pantelez : car bien sûr en regard de juin, vos pièces à propos de juin sont pitoyables ; et sans aller chercher juin, qui est très haut et rebelle comme le Sens, en regard même de la langue, le petit code trafiqué, la donne grêle mais inépuisable où se fabrique le sens, pas même le sens, le jeu du sens, ce qui a l’air d’un sens, en regarde de cela aussi vos poèmes sont loin de tout compte ; et loin du vrai, vos vers, impuissants à traduire ce que vous êtes, ce vide souffrant qui est vous, en pure prière sans déchet. En langue de juin. Non, rien ne triomphe avec démesure dans le poème, ni juin, ni la langue, ni vous. Alors vous fuyez, vous êtes déjà à la gare d’Austerlitz, les trains dans le soir sont si beaux quand on s’est défait du fardeau de devoir en parler.

 

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rimbaud-le-fils-pierre-michon

12 septembre 2014

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À chaque fois, être la pluie même et l'été à l'envers sur lequel elle s'écroule.  À chaque fois être aussi la peau lisse et brune des enfants. Et être leurs sauts. Et être la joie de leurs cuisses au moment de la flexion, et être leurs genoux. Etre, sans faillir, le cuir chevelu et la voiture qui passe. Être la promesse de la prochaine pluie. Se hisser à la hauteur de ce dévissage

 

 

 


08 septembre 2014

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chacun subit son État antérieur

chacun subit sa police interne

chacun subit son père et sa mère

chacun subit ses Mânes

le réel est plus imprévisible que la langue qui nous en défend

le réel est plus indomptable que le monde

la soie provient d'un ver, le fil du cri du berceau, l’obéissance de la voix perdu du premier monde, le péché de l'obséquiosité, la peur de la vie, le feu des branches mortes, l'homme d'une vulve, le daimôn d'un miroir, les ailes de la lune, l'ange de la masturbation.

 

mourir de penser_ pascal quignard

05 septembre 2014

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jesuisunchat*

les chats aiment la tension nerveuse. elle les attire comme une chaleur, comme un mouvement d'ondes, comme une électricité. les chats s'approchent irrésistiblement des êtres immobiles, inquiets, soucieux - ou même des êtres qui eux-mêmes s'approchent de la mort dans la plus grande stupeur. ils grimpent sur ceux qui cherchent intensément leurs mots dans le silence, leur ordre dans leur phrase, les doigts crispés sur un bout de crayon. ils s'installent de tout leur long sur les corps qui songent quelque chose qu'ils ne savent pas encore articuler.

l'augmentation de cette tension, du désir, de cette concentration de l'énergie passionnent autant la vie psychique qu'elle aimante les chats vers la chair qui les éprouve et qui les rameute dans son silence.

comme le rayon de soleil les aimante sur l'étagère où il se pose et qu'ils ont tôt fait de rejoindre pour s'y glisser. ou sur le bout de toit qu'il illumine entre les feuilles des arbres. il fait bon y reposer le corps comme auprès d'un feu de cheminée qui a soudain, curieusement, l'apparence d'une tuile, d'une ardoise, d'une page ou d'un homme.

 

car ce n'est pas l'écrivain qui aime les chats ni les chats qui aiment les écrivains. les chats aiment la pensée.

à la fin de la nuit, quand les chats quittent les coussins, quand tout à trac ils renoncent au point d'eau qui luit dans l'ombre sur le carrelage rouge de la cuisine, quand ils passent sans le voir devant le bol rempli de croquettes, quand ils gravissent avec leurs pattes de velours les marches de l'escalier qui monte à la chambre, quand ils poussent du front la porte ou qu'ils abaissent la poignée d'un coup de patte, ils ne grimpent pas sur le lit, ils ne piétinent pas le torse de leur maître pour le réveiller comme nous en avons, chaque aube, l'impression pénible ou irritée ; ils ont détecté de très loin l'arrêt du sommeil

ils se dirigent là où la pensée est plus chaude ils peuvent s'endormir avec confiance auprès d'un être dont la vigilance géante les protège

 

 

pascalquignard  ___mourirdepenser

31 août 2014

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29 août 2014

lay lai

nous n'aurons jamais assez d'un fleuve. ni assez d'une pirogue. et nous aurons tord. nous aurons toujours envie de partir vite après la pluie, pendant la pluie. alors qu'elle n'en a pas fini avec nous. nous n'aurons jamais assez d'un plat, un seul plat. un seul goût. car le pluriel est notre slogan. la lassitude n'est pas là.

je veux monter à mille sur un scooter. étendre mon k-way léopard. défaire Hanoi et Ventiane en mini-jupe.

de quel retour tu parles.

 

 

28 août 2014

mékong

 

 

 

HEURE DE BAIGNADE
LEVER DE LUNE
ÉTEINDRE LES MOTEURS