02 février 2014

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Faut-il être si peu sûr de l'existence de son sexe, quel qu'il soit, pour fantasmer qu'une proposition théorique, quelle qu'elle soit, puisse le faire disparaitre.
L'enjeu de parvenir à une façon vivante, mouvante, apaisée, d'être soi, est tel, qu'il n'est jamais prononcé. Cet enjeu de savoir sur quelles fictions, sexuelles ou non, une identité bâtie, pourra nous permettre d'être dans un tissu suffisamment souple pour épouser les mouvements ( saccadés ) de l'existence, cet enjeu n'est pas prononcé. Et pourtant.

Faut-il être absent de soi et de toute idée de jouissance, pour qu'elle ne soit jamais invitée au "débat". A quoi bon tout ça si ce n'est l'idée d'être bien ? A quoi bon la famille, à quoi bon le mariage, à quoi bon le couple, à quoi bon l'adéquation entre mon prénom, mon visage, mon sexe biologique, ma tenue, mes relations sexuelles, si ce n'est pour être bien ? Tant que l'on répond oui à cette question, pourquoi ne pas laisser chacun faire le mélange qui lui va et trouver l'adéquation ( souvent passagère ) qui lui parait la meilleure ?
L'autre question est plus intéressante encore : de quoi se fantasme-t-on pouvoir être privé en laissant chacun trouver l'adéquation qui lui va ? L'enjeu de parvenir à une façon vivante, mouvante, apaisée, d'être soi, est tel, qu'il n'est jamais prononcé, parce qu'il suppose la liberté des individus. Leur indépendance. Leur puissance de vie. Leur réalisation. Et que cela, démocratie ou pas démocratie, n'est jamais assez au centre du soucis collectif. En lieu et place, on met un totem, et des tabous, bien agiter pour ne pas laisser la pulpe se voir, et l'on marche éventuellement le jour du seigneur.

Commentaires

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Écrit par : Alexandre | 02 février 2014

beau texte que j'ai imprimé et punaisé dans ma chambre....Dimi.

Écrit par : Dimitri | 03 février 2014

merci

Écrit par : pauline | 03 février 2014

si la simplicité des relations humaines était à l'ordre d'un (seul) jour
ça se saurait non?
Pour sa lucidité et légèreté
votre plume ne se lit pas
elle se masse.
:-)

Écrit par : jean-jacques | 05 février 2014

Mais, ma chère, le problème est que cette question que vous soulignez " (...) si ce n'est pour être bien ?" a été abandonnée depuis quelques temps sur la route. Si l'on avait pas petit à petit oublié ce qu'est 'être bien', d'une part nous n'aurions pas laissé se mettre en place ce genre de rythme/condition de vie (sans même parler de nourriture...). Je suis donc d'accord avec vous, mais nous datons. Accrochons-nous, résistons encore à ce vacillement des conditions favorables à la sérénité (celle qui se construit, dos à un panneau 4x3 pour Mercedes)

Loin de moi l'idée de faire mon Zweig fin des années 30, mais... bon... il faut reconnaître que....

Écrit par : Merlin. | 06 février 2014

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