08 juin 2014
ETRE AMOUREUX
11:16 | Lien permanent | Commentaires (1)
06 juin 2014
question-réponse 1
comment il faut armer un texte ? romain le raconte à coup de duels et de fusils et finalement c'est lui qui me posait la question en premier. je lui laisse la méthode on a qu'à dire. il délèguera à Dumas ou à d'autres. il est âme généreuse.
moi je demande ( toujours ) pourquoi armer un texte, et pourquoi s'armer à l'intérieur du texte, et pourquoi fabriquer des textes armés.
d’abord parce que je me méfie du désir d'écrire et qu'en même temps que je me laisse volontiers faire par lui, je-le-braque-ce-désir. qu'est ce qu'il y a dans la veste du désir d'écrire ? c’est louche. moi, je vois entrer un type bourré dans un saloon avec une main suspecte à la ceinture, je crois que je me tiens prête à dégainer. pas pour le blesser ( j'ai des impératifs de douceur ) mais pour être certaine de pouvoir discuter tranquille.
il s'agit de s'armer devant un texte pour être certain de pouvoir discuter (tranquille) avec son désir d'écrire.
l'idée "d'avancer armé", avance elle-même, avec l'idée de virilité. mais on peut, on doit, illico, lui substituer l'idée de puissance. armer un texte c'est lui assurer des sous-souls et des enfers puissants, qui le lestent sans l'alourdir en apparence. armer un texte c'est lui permettre d'être conscient et inconscient de lui-même, et lui offrir la souplesse des deux. on dirait armer un être de connaissance, qu'il soit tout à fait libre de l'oublier. de s'en passer sévère.
j'arme mon texte contre ses propres pentes. ses propres tournures. les miennes. je veux qu'il puisse les défaire quand le lecteur approche. se désaper. sans intro. j'arme un texte pour qu'il n'ait pas peur de se retrouver nu, déshabillé, sa bite et son couteau.
la langue compte dans ses rangs suffisamment d'appareils d'oppression, de logique de répétition, d'histoire savante, pour que le texte soit légitime à être armé contre ça.
j'arme un texte car je crois dans l'exercice de cette violence. c'est la seule que j'accepte. elle est l'érotisme même.
une fois pour toutes, surtout, surtout, j'arme un texte dans l'espoir à peine naïf de désarmer les humains.
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