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02 avril 2011

bye bye les héros que j'aimais

Le film touche à sa fin. La lumière de l’écran vient sur les visages faisant d’eux des dessins. L’un des spectateurs, regarde à sa gauche. Il est inconstant. Il regarde une femme, belle comme à l’image. Il voudrait juste sur le générique, il voudrait juste sur la nuque y mettre un baiser au passage. Comme gravé au piment doux sur la pellicule, capable de disparaître une fois les néons revenus. Il voudrait que la dernière séance s’achève en fait comme ça, sur la nuque, les lèvres déposées.
Abel reagarde la scène de loin, pas sur l’écran dans la salle. Strapontin déplié, mal au genoux, un peu mal au cœur, c’est ce cinéma là qui lui manquera, l’espèce de vie volée à la vie de dehors, la vie volée des salles obscures, ça ne se rembourse pas.

 

30 mars 2011

opéra punk

Capitale. Place de la bastille. Motos, voitures vélos, autobus, vont, un peu comme bon leur semblent dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Juste au dessus de la station des taxis, le point de rendez-vous par excellence, donc d’attente, l’Opéra. De nombreuses marches grises anthracite montent comme un col froissé d’une petite place aussi grise sur laquelle furent implantée deux terrasses de café fréquentées l’été, à moins qu’elles ne préexistaient. Certainement d’ailleurs. Sur ces marches, principalement des gars. Principalement en dessous de trente ans ou autour, principalement une bière à la main… Allez savoir pourquoi ces marches plutôt que d’autres réunissent plutôt que d’autres ce que Paris compte encore de punks à chiens. Aussi sec sur muscle, que grunge, que jean déchiré, qu’il s’agit de l’être lorsque l’on veut bien faire les choses. Ils sont là, couverture de laine motif écossais, cheveux plus long que la moyenne et berger bâtard au bout d’une corde offrant tendresse à qui veut bien recevoir. Un bar rock à ciel ouvert, dans cette ville qui gomme à peu près tout ce qui dépasse, ce qui s’allonge sur les bancs, ceux qui ne prennent pas les couloirs de métro dans le même sens voire attendent sur les quais.
Ce jour là, deux types ont étalé un drap sur le bitume. Dessus sont disposées plusieurs objets en fil de fer. Une fleur, une deux chevaux, un saxophone, re-une fleur. Derrière le drap et assis sur les marches, une brochette de trois jeunes hommes, deux frères, et un autre. Ils m’interpellent, on discute. Ce qui m’exaspère tu vois c’est quand les gars te disent, je vais chercher de la monnaie, je reviens, et qu’ils reviennent jamais évidemment. Ça me rend dingue. Il me dit cela en tanguant sur ses deux pieds. Ses yeux un peu jaunis ressortent de sa peau noire. Il y a quelque chose en lui, prêt à déborder. La goutte sur le vase, vous savez. Ce ne serait pas de l’eau en l’occurrence. Mais de la détresse au goût malté.

 

 

 

29 mars 2011

kamel daoud

c'est une idée.
avec aussi marc augé. latifa laabissi. mike ladd. jean paul roussillon est mort, j'arrive toujours après les autres. dominique fourcade sur les platanes. michel butel, impossible. peter galison.

je tombe sur un autocollant impossible à dissocier. c'est bien ma veine. elle est crevée. magnétique et crevée.

sorry

j'ai fait une certaine rétention des textes des Polaroids que je lis chaque matin. je vais faire une livraison très bientôt d'un seul coup, séance de rattrapage. je sais pas faire autrement. ça signe l'exacte rythme de ma disponibilité numérique. c'est assez signifiant au final.
qui avait dit que je parlerais pas pour de vrai. moi. et alors. qu'est-ce qu'on fait maintenant.on change rien.

oh

si on poste une lettre par semaine,

qui la lit ?

mais sérieusement