13 novembre 2012
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Il y a, en 2012, des atteintes à la morale autrement plus brutales et difficiles à admettre que l'idée que deux femmes veulent se marier entre elles. Qu'est-ce que ça peut faire? Je sais, je comprends, ça gêne l'oppresseur quand deux chiennes oublient le collier, ça gêne pour les maintenir sous le joug de l'hétérosexualité, c'est ennuyeux, on les tient moins bien. Parfois la victime n'a pas envie de se laisser faire en remerciant son bourreau, je pensais qu'une formation socialiste permettrait de le comprendre. Mais non, certaines formations socialistes amènent à diviser les êtres humains en deux catégories: les vrais humains, et ceux qui devraient se cacher et se taire.
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Moi je vous fous la paix, tous, avec vos mariages pourris. Avec vos gamins qui ne fêteront plus jamais Noël en famille, avec toute la famille, parce qu'elle est pétée en deux, en quatre, en dix. Arrangez vous avec votre putain d'hétérosexualité comme ça vous chante, trouvez des connes pour vous sucer la pine en disant que c'est génial de le faire gratos avant de vous faire cracher au bassinet en pensions compensatoires. Vivez vos vies de merde comme vous l'entendez, et donnez moi les droits de vivre la mienne, comme je l'entends, avec les mêmes devoirs et les mêmes compensations que vous.
(...)
Laissez les gouines et les pédés gérer leurs vies comme ils l'entendent. Personne n'a envie de prendre modèle sur vous. Occupez-vous plutôt de construire plus d'abris pour les sdf que de prisons, ça, ça changera la vie de tout le monde. Dormir sur un carton et ne pas savoir où aller pisser n'est pas un choix de vie, c'est une terreur politique, je m'étonne de ce que le mariage vous obnubile autant, que ce soit chez Jospin ou au Vatican, alors que la misère vous paraît à ce point supportable.»
http://www.tetu.com/actualites/france/virginie-despentes-repond-a-lionel-jospin-et-aux-anti-mariage-pour-tous-22503
08:41 | Lien permanent | Commentaires (1)
j'aime l'heure toujours si différente
Et il réalisait combien cette femme était neuve. Et combien son désir pour elle comprenait cette étrange et perpétuelle nouveauté. Elle changeait sous ses yeux toutes les fois où il la retrouvait, et toutes les fois, il réalisait combien ce qui l’éloignait de l’idée qui se faisait d’elle ne lui donnait que plus l’occasion de l’aimer. Pourquoi tu souris elle dit dans le même écho de cette pièce couloir, et il approchait jusqu’à la toucher bientôt, et tous les cadrans de toutes les petites horloges venaient se refléter sur ses seins. Il dit, sans trembler, et s’allongeant en épousant sa forme, j’aime l’heure toujours si différente à laquelle je te trouve.
08:36 | Lien permanent | Commentaires (1)
qui ça étonne encore
Un tonneau de ferraille qu’on a déjà vu. Du bois dedans. C’est une cheminée. Tout est une cheminée dés lors que le feu allumé trace un cercle autour des corps. Donc c’est une cheminée. Donc l’échangeur d’autoroute au dessus de leurs têtes est un ciel, une hotte, un chaud conduit vers les astres.
J’ai faim. Ils ont faim. Nous avons faim. De combustibles.
Le feu garde en vie ceux que le froid tuerait. Nous avons remonté nos capuches jusqu’à ce qu’elles protègent même nos sourcils. Nous avons remonté nos cols jusqu’à ce qu’ils recouvrent même nos bouches. Jusqu’à ce que nos mots nous précèdent et aillent directement se jeter dans les flammes.
J’ai, ils ont, nous avons, chaussé nos baskets les plus rebondissantes, dans le cas où une enfance nous reviendrait en mémoire, et nous pousserait à jouer, rire, envahir les terrains alentours, réinventer le temps où rien d’excluant n’avait encore été prononcé.
Nous jetons dans le tonneau, les choses assez, les choses encore, les choses de trop.
Je, ils ; nous; alimentons le feu, comme un gamin vorace. Nous lui donnons tout ce que, trop rare, et trop précieux, nous n’avons jamais osé demander. Et on le crame, pour le vivre. Ca brule. Ca brule encore. Ca brulera.
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