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13 septembre 2013

treize vendredis

 

L’orage a fait d’abord le ciel jaune. Décompressé. Animé par là, et par là, de spasmes de nuages. Il a fait régner dans les étables une nervosité sur les pelages, dans les flancs, les muscles, les étages à fourrages.
L’orage s’est déplacé et avant qu’il ne se poste au dessus de tel ou tel carré de ruelles ou de champs on se chuchote sa venue. Il est là, il arrive. L’orage vient, en tremblant. C’est l’orage qui tremble, pas la voix de ceux qui en disent l’imminence.
Comme un lit de rivière se creusant à la vitesse des dieux, la rumeur de sa présence, cavale, cavale, cavale, tandis que le ciel, du jaune grossi, passe au violet pâle et du violet pâle au violet foncé, jusqu’à draguer le noir. Le ciel se risque au noir, avec un sourire gourmand d’obscurité.

Ensuite, déflagration. Rien de nouveau. Une pluie qui asperge le sol, sans oublier un endroit. Sans faire aucune économie, et nous dessous, sans économie aucune, atteignant les degrés hystériques du mot mouillé. Nous, sans courir, tout à fait calmes sous l’orage. Bien décidés à n’en pas sortir, et prendre l’autre option, la sportive, la spongieuse, nous,  bien décidés à nager.

Car s’il y a de l’eau partout maintenant, et si nous sommes en mesure de le faire. Alors nageons.


[ bruit d'eau ]

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