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23 mars 2014

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20 mars 2014

vert espoir + bleu existant

une tonne de choses belles. le vieux et ce visage dans le rétroviseur, son air à la édouard glissant, en plus vieux, moins mort. les rayures sur la marinière de nicolas, les ongles peints en électrique de la fille collée à la vitre à peine fermée entre quelle porte et quelle porte déjà. il y a une couleur par néon, sous l'abribus, et un mec pour chaque poteau et ils sont tellement beaux. je tourne sur moi, insecte habillée rouge, par où on sort de ce fichu salon, je deviens petite, dans le tramway que je n'ai jamais tant pris que ce jour, je lis l'histoire d'une femme si belle aussi qui dort dans une roulotte, je m'en souviens, j'ai l'image comme si j'y étais. sur l'avenue d'ivry je remonte, un seul et unique trottoir, un tout minuscule enfant au visage régulier, et aux yeux immenses, bridés, et bleus, ce trio infernal, impossible, se retourne dans sa poussette, pour me redire qu'il est vivant. je t'ai bien vu minus mecton, dis-je, et je reviens sur mes pas pour checker sa mère, lui faire promettre, entre quatre yeux, qu'elle en prendra soin comme si c'était moi, comme si tout le monde était dans les pupilles de ce petit. faut pas que ça pèse hein.
je revois la cérémonie des couleurs. c'était Holi il y a quelques jours et je connais quelqu'un que j'aime que je connais que j'aime qui a du se retrouver sous la lune enduit de pigments, avec un an supplémentaire au compteur, sans savoir évidemment, mais qui sait ça?, comment ça s'écrit.

hier l'on me répétait que c'est l'année du cheval. ce que je savais évidemment. par conséquent je révise toutes les façons de se cabrer, mais, aussi, celles de venir souffler, lourde d'apaisement, avec des narines relâchées, dans la paume des humains.
tu es une enfant de l'automne toi marie ? rien d'autre, dis-je, au stand, debout, debout, debout, debout.

 

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18 mars 2014

tenant géographique


à chaque jour suffit

Non, il n’y a, au fond, aucun générique connu qui pourrait assurément se réclamer d’un goût meilleur que celui qui n’existe pas encore et qui va venir sous une  autre forme pour annoncer un autre écran, et des couleurs inusitées.

Il n’existe pas non plus, ce paysage qui réunit en son cœur, l’exactitude du bonheur, c’était il y a combien d’années ? Il n’existe pas tant qu’il ne contient pas en fait, la promesse muette et brûlante que le bonheur est voué à revenir en trombe, et fort d’une autre couleur, elle aussi réinventée.

A force de ressasser les premiers baisers que vous donnait une fille au coin d’un arrêt de bus, ou au sommet d’un skate park devenu prairie de béton, à force de sentir encore vos doigts dans son sexe moelleux dans l’arrondi d’un matelas, ou sous le haut vent d’un camping car, vous en oubliez les sexes et les bouches du présent.
D’ailleurs, ce ne sont plus des filles, mais des femmes, et vos dix-sept ans ne les émouvront qu’un temps, car ce sont de vos trente, quarante, cinquante, soixante ans (…) qu’elles désirent entendre parler. Ce sont de ce genre d’âge en train d’être tagué à même les nuages, dont elles rêvent lorsque, trop tard, elles épluchent des clémentines, dans des cuisines en regardant n’importe quelle ville prendre feu sous la nuit noire.
Le souvenir est une drogue dure qui peut faire écran. Qui peut faire illusion. Qui peut faire le charme de celui sous lequel le sol se dérobe à force de ne pas le fouler.
Alors oui elles écouteront émues, les quelques histoires des promenades que  vous avez faites, des disques que vous avez écouté, des plages sur lesquelles vous êtes allongés, des concerts auxquels vous avez versé votre première larme, mais elles piétineront d’impatience en voyant la lumière du jour décliner, et ne ravaleront pas longtemps, un on y va ?

qui voudra dire aimons-nous. convoitons la beauté de cet angle de rue. bavons de goût pour cet étalage de jeunes pousses.
Demain est une fiction désirable, Hier : un entrelacs qui nous sous tend, Maintenant : un large défi à nos existences

17 mars 2014

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Si un bus prévoit d’arriver dans neuf minutes c’est assez de temps pour descendre en courant sur la plage, s’asseoir, et débuter une coupe de cheveux. Le vent participera à la rendre claire et digne, les badauds la transformeront en performance de théâtre.
C’est toujours immense ce que l’on croit que l’on n’a pas le temps de faire et dont on peut, ensuite, admirer, béats, la réalisation. 
J’hésiterai toujours moins. Toujours moins. Et toujours moins. Et remplacerai de plus en plus, de vils régimes de désirs en suspend mal à l’aise dans l'estomac, par la très grande jouissance du faire.

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