02 juillet 2012
de la danse impossible à réduire
c’estcommeretournerlesablieretpiétinerd’impatience,regarderlesablepasserdel’autre côté,considérerqu’ilvalentement.c’estcommeallumerunecigaretteaprèsenavoiréteins une,c’estcommeconsumertouttropviteettrouverquecelavalentement.
c’estunpeudesoleiltroptôtdanslespersiennes,c’estdelahâteaucœur, c’estcommel’heurede lapiscine, l’heuredelapatinoire,c’estcommelejourd’anniversaire,c’estcommed’avoironze ansdeuxfois,c’estcommetrouverlebonaccord,labonnenote.c’estl’herbedanslabouche.
c’estcommeunedanseimpossibleàréduire.c’estcommeunetranseimpossibleàtenir.cesont lestrottoirsmouillésdelavilleàpoil,lavoixaiguedecetaxi,cesrêvesenbouclepartéléphone, c’estcommelenomquis’affiche,tonnomquis’affiche. c’estlavoixmouilléepartéléphone.
c’estcommelesoleilvenutroptôtdanslespersiennes.avoironzeans.c’estcommeavoirmille foisonzeans.c’estcommetoutdébrancherenkickantlaprise.c’esttrouverl’énergiedutourde piste,etagrandirla piste.c’estcommeretournerlesablierdansl’autresensettrouverquele
sable coule lentement.
23:52 | Lien permanent | Commentaires (4)
ce peuple là, c’est l’avant goût des songes.
Il y a encore des gars qui ne dorment pas et vendent des paquets de malbac rouge à deux fois moins cher. et puis des gars qui ne dorment jamais ou presque, attendent leurs doses, grattent le sol avec leurs ongles. Et d’autres gars qui dorment parce que le balcon du troisième protège de la bruine qui mouille à l’usure. Ils dorment en dessous, sous les affiches des compagnies téléphoniques, qui te vendent de la parole au bout du fil, chez toi, en Inde, chez toi au Pakistan, en Côte d’Ivoire. Allez, achète la voix de ton père, dans une cabine qui sue la ville, je te la fais à deux euros.
Après il y a les gars qui squattent le scooter, et l’intérieur de la Clio. Il y aura toujours eux, pour écouter de la musique un peu fort pendant que le shit de leurs joints éclaircit le teint de leurs peaux,
et ils finiront toujours par parler des étoiles, ou d’une fille, même avec des mots qu’ils voudront vulgaires, et malgré cela, ce seront des enfants.
Il y a eux, dans la ville.
Quand elle ferme les volets, elle peut les voir tous. Elle peut déposer sur leur front un baiser. Sur tous leurs fronts en même temps, comme un front général, unique.
23:44 | Lien permanent | Commentaires (4)
tu me
Imagine la rue pale. Le saxophone d’archie, deux accords que l’on joue comme sonnent les cloches d’une église têtue. La voix qui va bientôt venir salir les notes une par une, une odeur de femme et les faire grandir. La musique est une marche déséquilibrée et lente, c’est cette musique qui construit l’image. La musique peut faire ça. Et de loin.
Ce sont deux chats. Sur la crète d’une nuit trois quarts lune.
Les coussinets se déroulent lentement au dessus des tuiles de toits. Leurs pelages ont une couleur libre qui ne brille pas. Ils ne sont pas apprivoisés. Ils ont des griffes sous la douceur. Ils ont des dents pointues qui enferment la langue la plus rappeuse, la plus désirable. Ils marchent. Ils déshabillent un par un les lampadaires. Y’a plus un corrompu dans le funiculaire, on a rangé les attractions.
Les chats défient l’apesanteur. Ce n’est pas exactement de la légèreté, ce qui les meut se nomme autrement, mais nous n’avons pas les mots. Les mots viendront.
Ce sont des chats qui parlent, sur la crète d’une nuit, à la lune trois quarts. Ils se disent, ils se demandent, ils se foutent de savoir si tous les chats sont gris, la nuit, ils se demandent, si vraiment,
vraiment, si l’animal
retombe toujours sur ses pattes.
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