13 juillet 2012
vendredi treize ou la vie sauvage

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tout court
il faut défendre le plus simplement possible l'idée, la nécessité d'une pensée complexe.
et, naturellement, la pensée complexe elle-même.
10:55 | Lien permanent | Commentaires (2)
ne pas se fier
Vu de haut, ce ne sont que de petits carreaux de verre fumé. Des tours qui narguent Dieu et que Dieu ignore. Vu de haut, il court très vite dans la ville. Il est minuscule. Les grandes avenues, toutes ces grandes bandes blanches qui rayent le sol, il les enjambe, il est pressé, il est géant en fait. Il ne s’excuse plus. Sa sacoche tape contre sa hanche. Arrivé la bas la peau, à cet endroit, sera rougie, et rien ni personne n’y pourra rien, ni personne n’y pourra rien, ni personne. Il rebondit sur ses baskets fraichement acquises. Il accélère. C’est dingue, ce type, on le croyait lent.
10:52 | Lien permanent | Commentaires (0)
entre chien et loup. dit-on.
Lui il dort sur l’herbe, les bras derrière la nuque à l’américaine, un chapeau d’enfant-de-rêve-d’enfant-de-cheveux-d’enfants sur la tête, un chapeau en papier. Il manque un brin d’herbe dans ses lèvres. Quand il dit B de bouche, les deux lèvres se rejoignent, se cognent très doucement, le B fait trembler l’air,
c’est un détail.
Le ciel, entre chien et loup, on dit, le ciel est entre chien et loup. C’est étrange que l’on dise cela, avec lui, précisément dans le paysage. le loup.
c’est une clairière. Toute les portes de la bagnole sont ouvertes, ça lui fait une allure de soucoupe prête à décoller. Sur un bout de nappe étalée : deux verres de ceux qu’on vous tendait à la cantine, ronds et petits et striés. Dedans c’est de l’alcool de figue. C’est trop sucré et avec un vieux paquet de cigarettes ils ont fait un cendrier.
Il n’y a que le haut de son torse qui bouge, l’air entre et sort. Et entre et sort.
C’est paisible cette façon d’être là. Les mots sont à disposition mais ils ne se précipitent pas dessus. Le champ est à disposition mais on y courra plus tard.
Elle accroche des lanternes bleues, foncées, claires, ciel, aux portières de la voiture, qu’elle allume, ensuite, une par une. Et la voiture est plus soucoupe encore.
Toute cette lumière éparpillée vient jusqu’à lui en taches de couleurs.
Ce sont des enfants terribles.
En fugue. En vie. Echappés. Il ouvre les yeux et c'est comme s'il apparaissait.
10:50 | Lien permanent | Commentaires (4)
radio again radio again radio
Démonte le boitier. Fais sauter les dernières visses. Force un peu s’il le faut. Tu atteins les circuits électriques. Le cuivre c’est la base. Tu repères les couleurs. Tu cherches le bleu. Tu prends ton temps pour la teinte. Cherche le bon bleu.
Prépare le fer à souder, découpe les fils qui doivent l’être. C’est un réseau de synapses, c’est comme si tu touchais directement au cerveau, tous tes gestes sont chirurgicaux, tu peux trembler mais à voix basse. Maintenant fais se rejoindre les deux composants les plus éveillés. Puis referme tout, revisse. Personne ne doit soupçonner ton passage. Ta résistance est illisible, inclassable, innommable. Tu échappes au langage.
Referme le boitier. Branche le. L’électricité c’est la deuxième base. Le goût du cuivre tu l’as dans la bouche. Garde le.
Le poste trouble toutes les fréquences. Tu peux parler où bon te semble, tu peux atteindre.
C’est ici le plus délicat de l’affaire : il faut atteindre. Atteindre, c’est attendre à une lettre près. C’est reléguer les espérances au second plan de l’image, ne pas les tenir en banderoles, savoir qu’elles cognent en sous-couche.
Atteindre, tendre, attendre. Même combat.
Emettre. Oui.
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