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01 janvier 2015

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je te souhaite de mettre en circulation d’obscures puissantes forêts.

 

je te souhaite de circuler librement. librement.librement. libéré
je te souhaite de n’être point déplacé contre ton gré, d’être radicalement  mouvant.
je te souhaite des chevaux pour amis et l’infinie délicatesse que requiert leur approche.
je te souhaite  du sexe solaire et l'invention des espaces éclatés de l’amour,
je te souhaite que surgisse la littérature, qu’aux colliers de pétales mous l'on rajoute des tirets, des zones blanches, des zones bleues.
je te souhaite d’être dedans. exactement dedans.

s’il est vrai que nous sommes fous alors je te souhaite que nous le soyons dans les détails. que dieu gisse. que dieu y gisse encore.
je te souhaite que nos danses s’affolent sur des voix seules et les armées de lumière qu’elles soulèvent.

je te souhaite que le pouvoir s’époumone tandis que nous sommes déjà loin. je te souhaite de n’être pas vainqueur. je te souhaite des sœurs, des frères, des autres, autant que tu choisiras ou pourras le constater.

 

je te souhaite d’être traversé
et de le sentir.

 

je te souhaite tout cela, la paix sans rougir,  et je pèse mes vœux.

 

2015, début.

 

 

premier ciel. traces dedans.

 

 

 

 

 

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31 décembre 2014

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accumulé tant d'heures confiantes et calmes, des lèvres concentrées sur le livre, l'inférieure légèrement avancée, tant de chaleur près des flammes, et comme les pierres de l'été à la fin du jour, vu autant d'animaux qu'il m'était possible de voir et soupçonné un nid de mésanges dans la poutre au dessus de ma douche. parlé avec eux. vu des visages comme on n'en voit pas assez, les villes cachent les vieux et les vieux travailleurs, parlé avec eux, me suis agenouillée longtemps pour observer le givre réinventer les contours d'une feuille de chêne tombée il y a de cela des semaines, fait peur à deux veaux roux, me suis liée d'amitié à trois chevaux massifs, indiens, mongols, d'ici,
je lui ai trouvé dans l'œil plus de lumière qu'ils n'ont jamais abrité, avant de savoir que de lumière les yeux abritent toujours une quantité égale, j'ai dit l'amour n'a pas de fin, en le croyant, en le soulignant, en sondant les profondeurs et la liberté de cette phrase, me suis demandée comment l'on chauffait de pareils corps de ferme au plus fort de l'hiver, 

des abats jours, j'ai accumulé des abats jours et leur température particulière, des heures de lecture à faire pâlir mes heures de travail, j'ai été émue de me trouver devant des châteaux que d'autre que moi regardaient d'aussi loin, au détour d'un sous bois, dans les mêmes ciels blancs de décembre, il y a de cela des années que mon corps porte aussi. 

j'ai eu le front dégagé, libre, disponible, enfant pour le sommeil, et le corps indolore. découvert qu'au sentiment de puissance se substitue, plus incandescent encore, celui d'être doux au monde. accumulé un nombre de vies sous la paupière, aussi belles et épaisses que celle que j'avais à vivre là, et qui donnait à mes muscles leur réelle composition. 
 

comme comme je me suis reposée.

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29 décembre 2014

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 dans ces maisons habitées depuis des années par des gens liés entre eux  se doute-t-on qu’il  se dise des choses aussi serrées

- je rêvais de terre-neuve
- pourquoi rêvais-tu de terre-neuve ?
- pour ne pas m’en tenir à ce qu’on en disait
- eh bien tu l’as fait
- oui

- quand je faisais de la radio tôt je me levais en pleine nuit
- moi aussi je me levais en pleine nuit. j’étais réveillé en sursaut, je me disais qu’il allait manquer telle ou telle denrée, qu’il fallait l’acheter à la prochaine escale, et même si c’était loin, je la notais quand même. ça me libérait. quand on était au port j’achetais
- comme une idée à la con qui réveille
- voilà

- tu fais comme william leymergie ?
- non c’est fini, je ne me lève plus tôt
-  tu ne voudrais pas faire un reportage sur un bateau ?
- tu m’as jetée quand je t’ai proposé il y a quelques années. quand tu vendais ton dernier bateau
- (son sourire de dentier)
- j’ai le mal de mer de toutes façons. mais j’aimerais beaucoup
- moi, tu sais, j’avais à peine vingt ans, on n’était même pas mariés, je me suis dit j’essaie ça, si je suis pas malade, je fais ça, c’est un métier d’une dureté, tu dois avoir la tête ET le corps, sinon t’es fichu. et j’étais pas malade, et j’étais tranquille dans ma tête. j’ai fait ça.

 

*

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