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03 octobre 2010

motif récurrent

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01 octobre 2010

n'importe où finalement.

C’est une forêt ultramoderne, étirée par le haut du crane. Une multitude d’étages à deux chiffres… C’est une forêt qui a tout de la jungle imaginée il y a des années par les auteurs de science fiction les plus fous. Les flots humains sont parfaitement organisés et répondent pourtant à un immense chaos. La plupart des passants à cette heure porte un uniforme soit pour aller travailler soit pour aller à l’école. Il se dégage de leur marche une énergie folle que l’on peinerait à contrôler si elle était libérée, éparpillée, relâchée dans la nature / mais dans cette ville / elle ne déborde pas. Elle est contenue bouillante. Les pas qui tapent, bruit blanc sur le bitume, produisent  à coup sûr de l’électricité, électricité, utilisée pour alimenter les panneaux publicitaires géants qui empêchent le ciel d’exister. De temps en temps des voix féminines sorties de nulle part, indiquent qu’il faut aller par là, ou par ici, ou encore descendre en prenant garde à la marche. Tout le monde danse en fait, une chorégraphie pareille à celle des militaires, on l’on attendrait que quelqu’un sorte du rang.

Au milieu de ce bal millimétré, au beau milieu d’un passage piéton zébré de blanc, un homme porte à l’épaule une caméra couleur aluminium. Son pantalon est un ensemble de poches, lesquelles poches sont remplies d’accessoires… Les passants le contournent, le bousculent parfois, mais semblent toujours l’éviter du regard.
Le regard pourtant, voilà ce qui le meut, voilà ce qui de temps en temps lui fait un pas sur la droite ou quelques pas devant. Il fend la foule sans ôter son œil de l’appareil, le deuxième œil est fermé, créant des rides sur son front juvénile. Comment avance-t-il alors, comment ne tombe-t-il pas ? Il est possédé par ce qu’il filme, induit dans le mouvement de cette ville  et des milliers de silhouettes. Porté par sa petite musique intérieure, et un battement sourd et secret.

 

28 septembre 2010

voeu pieu - livre à venir - a-v-e-n-i-r

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l'enjeu

Périphérie de Tunis. Le terrain de football. Faute d’une pelouse élégamment tondue à ras, une surface jaune de terre battue à l’ancienne, où les cailloux volent sous les coups de pieds maladroits. Le ballon, lui, est très brillant (noir et argent) et porte le logo qu’il faut, là où il faut. Les gars qui arrivent troquent leurs jeans contre shorts et maillots aux couleurs de l’équipe nationale. La matinée avançant le terrain compte bientôt les vingt deux joueurs règlementaires, et chaque nouveau candidat à la balle se fend du même nombre d’accolades avant de se lancer dans des étirements…
Autour d’eux le beige initial des immeubles a pris un coup de vieux. Les façades sont ornées de la forêt habituelle des antennes satellites et des linges colorés. Quelques toits se terminent dans de grandes tiges de ferraille, promesse d’un étage supérieur ou d’une échelle pour les étoiles.

Des bancs fatigués font office de tribunes. Ceux qui, las du travail nocturne,  préfèrent la farniente à la drible, s’y prélassent en grappe et ils sont nombreux… à parler fort… à s’improviser commentateurs sportifs… vantant les prouesses de celui-ci, ou raillant le pied crochu de celui là.

« Farid, ça te sert plus à rien de courir après la balle, tes jambes elles sont possédées par le shétan »

A les entendre on se dit que le match se joue peut être là. Dans la joute verbale des pseudos supporters. La coupe irait à celui qui fort de ses bons mots, aura fait rire plus haut ses acolytes.

A moins que le match ne se joue vraiment autre part. Sur les bancs d’en face, tout aussi fatigués, tout aussi tribunes mais féminines celles-ci… Où viennent de prendre place trois jeunes femmes au jogging nonchalamment posé sur les hanches. Les cheveux noirs tirés / tout droit sortis du brushing et retenus haut par une pince en plastique rose fluo. Elles font mine de ne pas prêter attention aux jongleries de ces messieurs, mais jettent quand même un œil, lorsqu’ils hurlent et ôtent le maillont pour un nouveau point marqué… rien de neuf sous le soleil en somme….