26 janvier 2014
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A Noël il demandait pourquoi c'était différent d'avoir grandi autour de la ville et pas dedans, et d'où venait ce sentiment, une fois au cœur de Paris, de n'y être jamais vraiment. De n'être jamais vraiment de ceux à qui appartient la ville, de n'être jamais de ceux qui ont bu des cafés. Nous n'avons pas bu des cafés, nous ? Non dis-je en souriant.
Nous n'avons pas pris le métro pour aller à la fête.
Non dis-je en souriant.
Je n'aurai jamais le même regard sur cette ville que celui qui n'a pas eu à s'y acclimater, à s'y faire une place.
Voilà.
Comme il y a de gros travaux sur le tunnel, le RER ne va pas jusque chez eux. Je pense
C'est notamment parce que nos adolescences et nos vies de jeunes adultes ont été rythmés par ces trajets incertains. Notamment parce qu'il y a toujours eu une zone entre le cœur collectif battant mystérieusement les rues, et nous.
C'est une zone que nous avons intériorisée et qui, depuis lors, existe en nous, sous nos peaux, dans la petite distance, tour à tour, amoureuse, craintive, défiante, conquérante qui caractérise notre regard sur elle.
Là bas c'est Paris.
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24 janvier 2014
ne dominez pas vos rats
19:07 | Lien permanent | Commentaires (0)
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Il dit je voudrais un poste de radio duquel sortent de larges guitares, ou de fortes guitares dit-il, je voudrais bien un poste de radio duquel sortent des guitares avec des bleus, et des orages, et des orages bleus. Il dit mais ça existe ou ça n’existe pas ? Ou ça existe ou ça n’existe plus ? Ce poste là, je l’ai rêvé ? Je l’ai rêvé qu’il nous sortait, quelques uns, de la torpeur, de l’étrange solitude moite de nos vingt ans ? Nous n’avons plus vingt ans, dit-il convaincu, utilisant cette commode première personne du pluriel, qui est belle faut dire, cette première personne-là.
Alors où est le poste avec la guitare et la licorne autour du cou, dedans ? Il tend la main et les yeux vers le ciel qui va pleuvoir, je dis c’est passager. Tout est passager. C’est un petit passage qui va finir par passer. Il ne pleut plus, déjà, juste le temps de le dire, il ne pleut plus et trois châteaux vont éclore.
J'imagine un poste de radio duquel sortent des guitares, fortes. Un orchestre de guitares fortes, non alignées, se cabrant, non utilitaires à peine utilisables, je vois le poste que je ne voyais pas à vingt ans. Je dessine à mains nues, une bonne vingtaine de guitares qui m’hébète doucement. Et berce un très léger début de sommeil de louve.
Il demande où dans le poste se faufile le vrai. Sous les manteaux, je veux répondre. Sous la laine des manteaux bleus et des bonnets. L’orage est un passage. Déjà il ne pleut plus.

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22 janvier 2014
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Servez-vous une seule fois d’un chemin et ensuite faites-en cadeau.
Ce n'est pas exactement aux chevets d'un homme mort que l'on devrait entendre cette phrase. Ni en lien avec une mort quelconque, même si la phrase en prononce le contour.
Je mélange les visages de l'explorateur, celui du sculpteur, et celui du poète, je recopie sans broncher.
___ j'emprunterai le chemin une seule fois, je protègerai le texte de ce qu'il connaît trop, et je les offrirai, le texte et le chemin. j'en ferai des cadeaux. bien larges, avec floutage sur le destinataire.
je me lève ensuite, je demande à E. à quoi servent ces chaises, pourquoi elles sont construites ainsi, elle dit ce sont des prie dieu. je trouve, réponds-je, que c'est aussi un moyen de s'assoir très bas.
E., qui a un nom de baie, sourit tricotée de beige claire. on y va ?
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21 janvier 2014
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______vous chamaniserez le réel.
inventer des formes nouvelles, oui,
mais c'est pour vivre dedans. oui?

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