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24 septembre 2011

le notre

Notre stop
Notre chant des vélos
Notre tour du lac
Notre nuit
Notre chien Bomber
Notre matin plagié
Notre larme le 1er janvier
Notre bateau araignée d’eau
Notre larme le 23 août
Notre purée de pommes
Notre marche la nuit
Notre maison des Ebhiens
Notre pont
Notre ancien hôtel
Notre errance d’aéroport
Notre danse des ombres plates
Notre ping-pong instable
Notre papier
Notre film
Notre nuit d’amour ratée
Notre nuit
Notre piscine sur le toit
Notre tunnel notre pluie
Notre liberté diamant
Notre absence
Notre idée du ciel
Notre mariage(s)
Notre couleuvre
Notre télévision parallèle
Notre piscine au sous sol
Notre blessure
Notre thé partisan
Notre écran noir
Notre silence étouffé
Notre virus étouffé
Notre baignoire
Notre édition
Notre temps

qui finance l'impression des flyers ?

IMG_1461.JPG

si d'air - bout 2

Je mets un pied le long du poteau,
je mets l’autre plus haut sur le même poteau,
les mains grattent la ferraille, la ferraille gratte la peau,
Tu me ronges ou quoi?

J’augmente les pieds plus haut plus haut.
Je dis : une fois sur le fil, le vieux fil du vieux fou, je trouverai l’air qu’il y a laissé.
C’est l’injustice que personne ne le respire plus, le gâchis dégueulasse.

Moi je m’y colle je dis, au cas où que de l’air serait resté en stock,
pas respiré par l’acrobate,
mais qu’il avait en projet de,
un air qu’il aurait mis dans ses poumons si il y avait été encore,
moi je m’y colle,
j’y monte,
qu’en mes poumons y’aurait forcément une place, que dis-je ?
de jolis tuyaux.

no reply dit-il

Après la clairière, il y avait ces deux trois lattes de bois qui faisaient une maison,
et dans cette maison une chaise, et pour cet homme un coin chaud.
Il était assis, n’avait en rien touché à la lumière et, la pièce s’éclairait par intermittence.
Son visage, ses joues, la naissance de sa barbe, n’avaient pour ampoule, qu’un bout d’astre. Avec la main il caressait le  mur plein d’échardes, avec la main encore, il cherchait des yeux pour voir. Personne n’a vu mes yeux, par hasard ?
Dans le silence sa voix lui revint, à peine augmentée de l’écho, un drôle de râle.
Alors il chercha ses mains, quelque chose comme ses mains, pour toucher de nouveau… Mais rien ne vint ni les mains, ni la réponse.
Au dessus du bois quelques étoiles lui faisaient une couronne.  Quelques oiseaux de nuit ne se reposaient pas. Quelques bruissements de feuilles chuchotaient que le monde est vivant. Il osa, en criant, personne ne m’a vu, c’est ça ?
Je me cherche moi.
La voix se cogna à peine aux parois de la pièce et l’enveloppa comme une couverture froide.  C’était du silence autour, de ce silence brunâtre si difficile à peindre…

j'ai perdu ma tribu tous mes frères et mes soeurs que sont-ils devenus

paris dehly bombay, marie richeux, photo

je te maudis

Je me tiens au bout de la falaise. Mes mains sont glissées dans la vareuse. Mes mains sont abîmées d’avoir construite de bois et de terre, cette maison pour nous deux. Pour que nous y lisions en paix. Pour que nous regardions grandir les enfants de nos femmes.

Et quand les nuages gris grondaient, je construisais.
Et quand les cloches de l’église appelaient les hommes en âge, je faisais le sourd.
Et quand je voyais déjà venir te chercher les bateaux, je construisais cette maison.
Je ne l’ai pas faite pour rire. Je l’ai bâtie aux vents, en lutte, en amour avec eux. Si tu t’en vas je me tais.

La guerre même sur les eaux me laissera sans voix, comme les animaux terrés, comme les idiots du village.
Je n’aurais plus de langage… Je n’aurais pas non plus la fierté du déserteur, j’aurais l’orage au cœur du frère de celui qui part.
Mais si tu t’en vas, si tu t’en vas vraiment, alors tu sors d’ici. De ce que je sais, les hommes ne reviennent pas. Ils vont, et vont d’un autre sens. Si tu t’en vas, tu n’es plus mon frère.
Donne leur ta force, tes poignets, tes épaules pour les fusils, mais oublie la maison qui retourne à  la terre dès que je l’aurais dit.

Je m’assiérai calme, près du foyer, au bois brun de la bibliothèque. Je chercherai aux phrases des autres ce qu’il reste d’union et d’amour à sonder. Je ne guetterai pas ton retour.
Je suis debout, à la falaise, et ce n’est pas non plus ton départ que je guette.

.......................... (c) ROMAIN BERNINI ::: Europe second version

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Le ciel est rose, il est tombé comme un rideau. Sur un volcan de Septembre.
Les parois s’effritent comme le temps en toute chose. Les parois, ocres et rocheuses d’un volcan où flotte le pétrole endormi. La surface du pétrole.
Ils ont des reflets bleus ce genre de liquide et prennent les hommes, comme le miel les abeilles, comme la merde les mouches.
Cet homme là croyait qu’en nageant, longtemps, même froide la flotte, même cassé le radeau, l’homme croyait qu’avec un peu d’effort de monnaie, ça irait l’Europe. Il irait jusqu’à elle, et comme une femme ronde et belle, elle l’accueillerait d’un baiser.
Mais c’est un baiser de la mort et maintenant c’est lui qui flotte. Le t-shirt jaune remonté sur son torse qui laisse voir sa peau brune, brûlée peut être.
La tête en arrière plongée dans le liquide, il respire il est mort, c’est le dormeur lui aussi, du val d’injustice. La peinture coule les larmes du quart monde, et heureusement c’est en couleurs, on y perdrait les nuances.

L’homme là, au volcan d’ocre, au ciel rose tombé comme un rideau, c’est de l’espoir qui coulait dans sa gorge.