18 novembre 2012
d'amore si vive
(cimergasp)
20:19 | Lien permanent | Commentaires (3)
.
Il est l’heure qu’il est quand tu as traversé le monde. Il dit, je vais descendre. C’est juste là, le parking, les gars qui font la course en bm, il y a une brume qui vient de là bas, je descends je fais la photo je reviens, tu peux me suivre de là haut. Je suis dans tes yeux, ok, haussement des souricls, je ne sors pas, ok.
Il dit__ il accroche Holga autour de son cou, plus tard, il dira que c’est avant tout le prénom pour un enfant, pour l’instant c’est juste un appareil. Je baille. Je me déplace jusqu’au balcon, je n’ai pas connu d’endroit plus humide, toujours la peau mouillée comme revenant d’une pluie drue, je ne connais pas beaucoup d’endroits. J’entends ces pas qui descendent les escaliers. Tout le monde dort. Une bagnole de flics se gare sur le parking, je le vois qui marche avec son Holga, il marche lentement, j’ai une peur démesurée. Je le regarde marcher lentement, si je crie les flics m’entendent, les flics le voient. Il ne fait rien, il marche. Les flics sont là pour vérifier que les gars qui dorment dans les BM sont bien des gars sans papier, sans loi, sans rien, sans lit. Les flics vérifient ça, ils font un dérapage. Je ne comprends pas leurs dialogues, surtout là haut, après ils se tirent.
Je ne le vois plus, il est sorti du cadre de la fenêtre, moi, j’ai encore le corps qui fait des décollages, j’ai encore l’odeur de l’hôtesse de l’air que personne n’a baisé, j’ai encore la serviette au citron, le bonbon au citron, j’ai le cœur acide. Moi j’ai encore trois heures d’insomnie devant et pas la moindre envie de boire ou de fumer, je le cherche des yeux comme une louve. En bas, des pakistanais échangent des nouvelles d’un pays que je n’ai pas dans mes cartes. Il remonte, dans cinq minutes il est en haut et en vie, son appareil autour du cou. J’ai cinq ans. J’ai de nouveau cinq ans, ou huit, et je fais des prières illégales, sans dieu, pour que les miens soient sains et saufs. Il pousse la porte, j’aponge mon front, je remonte de l’enfance. Une main sur ma fesse droite, la langue posée dans mon cou. Chaude.
Ça va ?
20:11 | Lien permanent | Commentaires (0)
16 novembre 2012
tu sais liveweb.arte.tv
http://liveweb.arte.tv/fr/video/Soiree_de_Poche_Feist/
et pour neuf jours encore : http://liveweb.arte.tv/fr/video/Odezenne_au_festival_EuropaVox/
13:50 | Lien permanent | Commentaires (0)
15 novembre 2012
c'est sec
moi je suis jeune et naïve et je croyais que
je suis jeune et sensée et naïve et je suis persuadée que
et nous ne sommes pas les seuls
et nous n'avons pas pour autant l'intention
moi je suis jeune et naïve et nous sommes beaux et on t'emmerde
je suis désordonnée, désossée, défigurable, pleurable, allongée dans les coins, sur la scène sous les aisselles des dirigeants aux chaises tournantes il y a de l'acide sulfurique sans horizon dans mes yeux de la joie narguera jusqu'à l'horloge à la vie à la mort.
moi je suis jeune, naïve, ignorante, on est beau, on t'emmerde, on est doux et pas découpable, on résistepersiste à être doux, pas découpables, nous sommes, nous sommes __ trois, dix-sept, quatre-vingt-mille, jamais ensemble, toujours reliés,
nous n'en finirons pas de rédiger des manifestes où le langage ne voudra pas plier, où le rentable n'aura pas droit de cité entre nos murs mous de mots, et même si c'est une utopie, et ce n'est pas banni bon sang, et même si c'est prétentieux, et ce n'est pas banni non plus, et même si c'est à refaire mille fois, il est hors de question, qu'à cinquante piges on veuille interpréter le film à l'envers. ta gueule. arrête de te branler sur des années qui ont fui. t'es triste.
nous n'en finirons pas de lorgner à l'endroit de l'incapturable, en bavant de désir pour lui, le voyant toujours être avenir et incertain, être toujours à venir sur lui-même et incertain et je continuerai à trouver ça bandant.
mon frère quand il avait quinze ans, et avant aussi, et après, toujours, et hier encore, vers minuit, il disait:
dans tous les cas, tu m'entends, dans tous les cas
19:14 | Lien permanent | Commentaires (1)
.
j'explique :
nous sommes des dizaines de milliers sur l'ilôt
15:22 | Lien permanent | Commentaires (1)
14 novembre 2012
.
UN PIED ++++++++++ DANS+++++++++++ LA SURFACE PARFOIS +++++++++++BETEMENT +++
TU ATTENDS REPARATION

15:42 | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : yohann queland saint pern. terrain
13 novembre 2012
.
Il y a, en 2012, des atteintes à la morale autrement plus brutales et difficiles à admettre que l'idée que deux femmes veulent se marier entre elles. Qu'est-ce que ça peut faire? Je sais, je comprends, ça gêne l'oppresseur quand deux chiennes oublient le collier, ça gêne pour les maintenir sous le joug de l'hétérosexualité, c'est ennuyeux, on les tient moins bien. Parfois la victime n'a pas envie de se laisser faire en remerciant son bourreau, je pensais qu'une formation socialiste permettrait de le comprendre. Mais non, certaines formations socialistes amènent à diviser les êtres humains en deux catégories: les vrais humains, et ceux qui devraient se cacher et se taire.
(...)
Moi je vous fous la paix, tous, avec vos mariages pourris. Avec vos gamins qui ne fêteront plus jamais Noël en famille, avec toute la famille, parce qu'elle est pétée en deux, en quatre, en dix. Arrangez vous avec votre putain d'hétérosexualité comme ça vous chante, trouvez des connes pour vous sucer la pine en disant que c'est génial de le faire gratos avant de vous faire cracher au bassinet en pensions compensatoires. Vivez vos vies de merde comme vous l'entendez, et donnez moi les droits de vivre la mienne, comme je l'entends, avec les mêmes devoirs et les mêmes compensations que vous.
(...)
Laissez les gouines et les pédés gérer leurs vies comme ils l'entendent. Personne n'a envie de prendre modèle sur vous. Occupez-vous plutôt de construire plus d'abris pour les sdf que de prisons, ça, ça changera la vie de tout le monde. Dormir sur un carton et ne pas savoir où aller pisser n'est pas un choix de vie, c'est une terreur politique, je m'étonne de ce que le mariage vous obnubile autant, que ce soit chez Jospin ou au Vatican, alors que la misère vous paraît à ce point supportable.»
http://www.tetu.com/actualites/france/virginie-despentes-repond-a-lionel-jospin-et-aux-anti-mariage-pour-tous-22503
08:41 | Lien permanent | Commentaires (1)
j'aime l'heure toujours si différente
Et il réalisait combien cette femme était neuve. Et combien son désir pour elle comprenait cette étrange et perpétuelle nouveauté. Elle changeait sous ses yeux toutes les fois où il la retrouvait, et toutes les fois, il réalisait combien ce qui l’éloignait de l’idée qui se faisait d’elle ne lui donnait que plus l’occasion de l’aimer. Pourquoi tu souris elle dit dans le même écho de cette pièce couloir, et il approchait jusqu’à la toucher bientôt, et tous les cadrans de toutes les petites horloges venaient se refléter sur ses seins. Il dit, sans trembler, et s’allongeant en épousant sa forme, j’aime l’heure toujours si différente à laquelle je te trouve.
08:36 | Lien permanent | Commentaires (1)
qui ça étonne encore
Un tonneau de ferraille qu’on a déjà vu. Du bois dedans. C’est une cheminée. Tout est une cheminée dés lors que le feu allumé trace un cercle autour des corps. Donc c’est une cheminée. Donc l’échangeur d’autoroute au dessus de leurs têtes est un ciel, une hotte, un chaud conduit vers les astres.
J’ai faim. Ils ont faim. Nous avons faim. De combustibles.
Le feu garde en vie ceux que le froid tuerait. Nous avons remonté nos capuches jusqu’à ce qu’elles protègent même nos sourcils. Nous avons remonté nos cols jusqu’à ce qu’ils recouvrent même nos bouches. Jusqu’à ce que nos mots nous précèdent et aillent directement se jeter dans les flammes.
J’ai, ils ont, nous avons, chaussé nos baskets les plus rebondissantes, dans le cas où une enfance nous reviendrait en mémoire, et nous pousserait à jouer, rire, envahir les terrains alentours, réinventer le temps où rien d’excluant n’avait encore été prononcé.
Nous jetons dans le tonneau, les choses assez, les choses encore, les choses de trop.
Je, ils ; nous; alimentons le feu, comme un gamin vorace. Nous lui donnons tout ce que, trop rare, et trop précieux, nous n’avons jamais osé demander. Et on le crame, pour le vivre. Ca brule. Ca brule encore. Ca brulera.
08:31 | Lien permanent | Commentaires (0)
12 novembre 2012
je garde le numéro zéro. normal.
22:08 | Lien permanent | Commentaires (0)
dimanche onze novembre
nous occupions un appartement vide. des photographies en papier collées au papier peint qu'avait collé il y a des années un couple devenu vieux dont on ne connaît que le nom. d'autres photographies suspendues au dessus de la baignoire, ce qui leur allait merveilleusement. partout des yeux, en nombre, pour les voir, et célébrer un livre, nouveau. c'était un si beau dima nche. dans les recoins de la cuisine, à même le sol, d'autres livres, à même le sol, plus anciens, mais fabriqués de la même façon, avec aussi peu de permission. et des mains curieuses pour tourner leurs pages. c'était un si beau dimanche.
21:59 | Lien permanent | Commentaires (0)
donc nous célébrions un livre
21:48 | Lien permanent | Commentaires (0)