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19 septembre 2013

ne reproduis pas, continue

"Si j'ai une limite quelle qu'elle soit, ou si l'on peut dire d'une limite qu'elle m'appartient, c'est seulement dans la mesure où j'ai été séparée d'autrui et ce n'est qu'à condition de cette séparation que je peux être en quelconque relation avec autrui. Ainsi la limite est fonction de la relation, un truchement de la différence, une négociation par laquelle je suis liée à "toi" dans ma séparation.
Si je cherche à préserver "ta" vie, ce n'est pas seulement parce  que je cherche ainsi à préserver la mienne, mais parce que ce que "je" suis n'est rien sans "ta" vie et la vie elle-même doit être repensée comme cet ensemble complexe, passionné, antagonique, et nécessaire de relations à autrui. Je peux perdre ce "toi" et un certain nombre d'"autrui" particuliers, et il se peut que je survive à ces pertes. Mais cela ne peut se produire que si je ne perds pas la possibilité du tout "toi". Si je survis, c'est seulement parce que ma vie n'est rien sans la vie qui m'excède, qui renvoie à quelque "tu" indiciel sans lequel je ne puis être " ce qui fait une vie judith butler, oui, encore.

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jérémie gobé

18 septembre 2013

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j'ai besoin de ta protection - j'ai besoin de ta bienveillance - j'ai besoin de la justesse de ta langue - j'ai besoin de la jouissance de ta langue - j'ai besoin de ton espace public - j'ai besoin de ton ouverture - j'ai besoin de ton appétit - j'ai besoin de ton accueil - j'ai besoin de ton éclairage public - j'ai besoin de ton écoute - j'ai besoin de ton assurance maladie - j'ai besoin de ton école - j'ai besoin de ta peinture - j'ai besoin d'horizon - j'ai besoin d'un habitat - j'ai besoin de mes droits - j'ai besoin de ton exigence - j'ai besoin de ton virage - j'ai besoin de ce train - j'ai besoin de cette eau - j'ai besoin de ton école - j'ai besoin de ton école - j'ai besoin de ton humour - j'ai besoin de ta distance - j'ai besoin de ta douceur - j'ai besoin de ta proposition - j'ai besoin de ta langue - j'ai besoin de ton ciel bleu - j'ai besoin de ton soin - j'ai besoin de ton feu - j'ai besoin de ton trottoir - j'ai besoin de ton banc - j'ai besoin de ton silence - j'ai besoin de ton métro - j'ai besoin de ta justice - j'ai besoin de ta bienveillance - j'ai vraiment besoin de ta bienveillance, de ton accueil, de ta souplesse, de ton humour, et de ton imagination.

antonin

     




Les poètes lèvent des mains
      où tremblent de vivants vitriols,
      sur les tables de ciel idole
      s’arc-boute, et le sexe fin

      trempe une langue de glace
      dans chaque trou, dans chaque place
      que le ciel laisse en avançant.

      Le sol est tout conchié d’âmes
      et de femmes au sexe joli
      dont les cadavres tout petits
      dépapillontent leur momies.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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___________Par exemple ils avaient les bal-parquet.

 

Bien sûr ils travaillaient sans cesse. Et sans faire semblant. Jusqu'à ce que leurs joues craquèlent en hiver. Et bien sûr que la vacance était un mot abstrait réservé à d'autre gens qu'eux, que leurs pères, que leurs vieilles filles.

Bien sûr la ville était une autre abstraction lointaine que l'on ne rejoignait que rarement - car pourquoi faire au fond ? -  Tout était là.
Sauf les sabots.

Il fallait les y faire fabriquer et réparer. Une paire l'hiver. Une paire l'été, et un tissage de paille savant autour du pied qui leur autorisait sans crainte les températures les plus basses.
Bien sur que rien ne se faisait sans sueur et que parfois la fatigue les prenait tous d'un coup pour les flanquer au sol et abattre sur eux un poids blanc et dévastateur.

Oui mais
il y avait les bal-parquet le dimanche. Et l'on y dansait. On s'y mariait parfois. Dés quatorze ans. On y testait les volants d’une robe. Son aérien sourire. Ses coiffures vite envolées sur le parquet déplié.

Et pour cette raison parmi d'autres, ils disent aujourd'hui sans aucune réserve dans la voix, qu'ils ont été heureux comme pas possible madame. Heureux comme pas possible. Voilà.

16 septembre 2013

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