15 septembre 2013
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la bouche noire de mûres sauvages. pas de confiture. et "tous les matins du monde sont sans retour"
mais ils sont nouveaux aussi, tout comme nous sommes, tous les matins du monde, nouveaux et sans retour.
l'un des vœux de l'année disait " je te souhaite de n'être rien de définitif ou alors pas longtemps__ " je m'applique à cela fermement, tout comme j'applique une lèvre puis l'autre sur le haut de sa joue politique et intransigeante et maréchal ferrant, tout comme je baise son menton comme s'il s'agissait d'un corps entier. la question n'est pas de vouloir mieux ou plus, jamais on ne dénichera pareille courbure d'arc d'indien dans les épaules, la question est d'être fidèle. à quelque chose de plus long. être sans retour ne veut pas dire être discontinu. au contraire. ce peut être un même seul être fait de mille matins sans retour. et si l'un d'eux contient un amour continent, rien n'empêche, que dans tous les changements-matins, même ceux qui paraissent brutaux et dénués de sens, rien n'empêche que se joue là, justement, une immense fidélité de l'amour.
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22:34 | Lien permanent | Commentaires (3)
13 septembre 2013
treize vendredis
L’orage a fait d’abord le ciel jaune. Décompressé. Animé par là, et par là, de spasmes de nuages. Il a fait régner dans les étables une nervosité sur les pelages, dans les flancs, les muscles, les étages à fourrages.
L’orage s’est déplacé et avant qu’il ne se poste au dessus de tel ou tel carré de ruelles ou de champs on se chuchote sa venue. Il est là, il arrive. L’orage vient, en tremblant. C’est l’orage qui tremble, pas la voix de ceux qui en disent l’imminence.
Comme un lit de rivière se creusant à la vitesse des dieux, la rumeur de sa présence, cavale, cavale, cavale, tandis que le ciel, du jaune grossi, passe au violet pâle et du violet pâle au violet foncé, jusqu’à draguer le noir. Le ciel se risque au noir, avec un sourire gourmand d’obscurité.
Ensuite, déflagration. Rien de nouveau. Une pluie qui asperge le sol, sans oublier un endroit. Sans faire aucune économie, et nous dessous, sans économie aucune, atteignant les degrés hystériques du mot mouillé. Nous, sans courir, tout à fait calmes sous l’orage. Bien décidés à n’en pas sortir, et prendre l’autre option, la sportive, la spongieuse, nous, bien décidés à nager.
Car s’il y a de l’eau partout maintenant, et si nous sommes en mesure de le faire. Alors nageons.
[ bruit d'eau ]
14:55 | Lien permanent | Commentaires (0)
12 septembre 2013
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J'AI EMBRASSE L'AUBE D’ÉTÉ AU RÉVEIL IL ÉTAIT MIDI
14:00 | Lien permanent | Commentaires (0)
tous les jours
C’est précisément au sein d’une contestation constante du pouvoir que naît la question de faire ou ne pas faire violence. Ce n’est pas au privilégié de décider si la violence est la meilleure voie ; c’est aussi, paradoxalement et même douloureusement, l’obligation du dépossédé de décider s’il faut frapper en retour et, si oui, sous quelle forme.
Face à une violence d’Etat massive, par exemple, il peut sans doute sembler absurde ou déplacé de poser cette question ; mais il se peut aussi que, dans certaines circonstances, l’absence de réponse à un acte violent fasse plus que n’importe quoi d’autre pour exposer la brutalité unilatérale de l’Etat. Je ne suis pas sûre que la non-violence sauve la pureté de l’âme de quiconque, mais elle affirme un lien social quand bien même celui-ci est violemment attaqué par ailleurs.
13:55 | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : judith butler, ce qui fait une vie, éditions zones
tous les jours

C’est un triangle formé par trois rues, une placette en briques. Les briques sont grises. Il est cinq heures trente. Le sol est défoncé. Les briques ne sont plus au sol, mais en vrac, mises, grises, entre le sol et le cœur des humains. Cette nuit il a plu des tombes. Cette nuit alors que dans les immeubles on chérissait un reste de pain, ou mieux, une soupe préparée longuement, le ciel préparait des bombes, et derrière le ciel une colonie de connards. Blessés blessant.
Il est cinq heures trente, et autour du triangle de rues aux briques éclatées, quelques hommes marchent. Comme c’est ahurissant que quelques hommes marchent encore au lendemain des bombardements, comme c’est pourtant commun.
Et au virage qu’offre six heures, à ce virage aigu entre la nuit et le jour qui commence exactement, dans ce virage, un cheval noir brillant prend la courbe. Se tord. Applique à son allure un peu de la douleur du son des bombes. Entreprend un trot, quasiment sur place et sans bruit. Un cheval noir brillant témoin de la violence, et tout à son travail de raviver le jour. Il est sans licol et sans bride, je parierai qu’il est en train de danser. Je souhaite que personne n’aille le contredire.
13:46 | Lien permanent | Commentaires (0)
09 septembre 2013
PLAYER _____ à 4'10 sans la blague.
Nous pourrions laisser à chacun le loisir de penser qu'il a rêvé cette aube et cela vaudrait pour toutes celles que nous n'avons pas assez vécues. Nous pourrions, au contraire, décrire précisément le regard de chacun, que peu de sommeil rendait sinon plus profond, en tous cas plus enclin à s'approfondir. Décrire précisément, aussi, la parole qui, entre hâte et accident, parvenait à bâtir les frontières de ce à quoi nous n'avions pas vraiment donné de nom.
Nous pourrions aussi raconter, pour ceux qui n'y étaient pas, la marche collective, dans une ville devenue étrangère, à la recherche d'un premier repas. Les bouts de laine rouge que j'ai semés sans calcul au bord de la Seine et le morceau de chanson que j'ai reconstitué, à Jackez sur le pont sur le point d'être rebaptisé Jack as a Bird.
Nous pourrions laisser à chacun le loisir de penser qu'il a rêvé cette aube. Ou la réécouter
15:25 | Lien permanent | Commentaires (2)