20 avril 2014
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C’est un renouveau dans l’axe. Prendre la ville du dedans, marcher au milieu, dans le pli, expérimenter la trouée. Avec la sensation légèrement plus haute d’être ici chez soi.
Le rail rouillé avec la pluie de fleurs que l’on croit fragiles, qui sont mauves et reliées par un entrelacs de fines racines ou tiges ou feuilles, c’est toi. Comment tu sais ? Je te regarde.
La petite ceinture est une cicatrice au genou qui ne fait plus mal. Des gens vivent juste au dessus de la plaie suturée, souvent avec des plantes, dieu comme c’est enviable.
Je parle des peintures blanches de zoo project, je raconte ce dont je crois me souvenir « peindre comme le pigeon à qui l’on file des coups de pieds pour qu’il aille toujours ailleurs ». Peindre toujours comme ça. Soudain le mur fait apparaître les silhouettes qui ne mourront jamais. C’est la juste suite du hasard des pages. C'est un état. Une disposition du regard.
Prendre acte définitivement de l’existence de quelqu’un dans le monde, ou de son passage, si l’on s’en donne la peine, c’est indélébile.
J’ai l’impression de commencer.
Il est des chemins dont il n’est pas évident de sortir, et qui, une fois quittés, paraissent évidemment quittables. Quelques pas de chatte sur un muret très fin, je glisse le long d’un lampadaire brun rouge, croisement rue Pyrénées. On note le passage simple pour la prochaine fois, tout en sachant que l’on viendra par un autre côté. La veille au soir the quiet army sonnait une guitare saturée retrouvée dans le calme. Quand il faisait froid, il suait de grosses gouttes, et, très patient, construisait la fin de son morceau, long comme ses cheveux de jais.




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16 avril 2014
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Le fort n’est jamais absolument fort, ni le faible absolument faible, mais l’un et l’autre l’ignorent. Ils ne se croient pas de la même espèce ; ni le faible ne se regarde comme le semblable du fort, ni il est regardé comme tel. Celui qui possède la force marche dans un milieu non résistant, sans que rien, dans la matière humaine autour de lui, soit de nature à susciter entre l’élan et l’acte, ce bref intervalle où se loge la pensée. Où la pensée n’a pas de place, la justice ni la prudence n’en ont. C’est pourquoi ces hommes armés agissent durement et follement. En usant de leur pouvoir ils ne se doutent jamais que les conséquences de leurs actes les feront plier à leur tour. C’est ainsi que ceux à qui la force est prêtée par le sort périssent pour trop y compter______
14:58 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : simone weil. l'illiade ou le poème de la force
14 avril 2014
je suis eau qui court dans la plaine


22:45 | Lien permanent | Commentaires (0)
tiens voilà donc, lundi soir.
Ça coincera toujours tant que l’on entendra « théorie psychanalytique » à la place d’expérience de l’analyse. Tant que l’on entendra « théorie psychanalytique », s’inviteront les enjeux de pouvoir, les divisions de chapelle, de département, de courant, d’histoire. De quoi encore ?
Tant que ceux qui font circuler la connaissance de la psychanalyse, concentrent leur transmission sur l’idée d’un savoir pouvant expliquer l’homme, et non sur un savoir ( mouvant ) pouvant soutenir l’écoute d’un homme par un autre, alors il n’y a aucune raison que la psychanalyse, en tant qu’espace réservé à la parole qui manque tant, ne soit d’une part, vécu comme ouvert et démocratique, d’autre part, ne continue pas à cliver.
C’est un mystère ce que l’évocation de l’analyse cristallise encore comme violence.
De quoi parle-t-on enfin ? D’une prise de liberté progressive, lente, délicate, par l’expérience singulière d’une parole, vis-à-vis d’un vécu, d’une identité, et l’accroissement de l’espace du sujet, qui est un espace de choix. De savoir, donc de choix.
Les théories qui furent écrites et le sont encore, ne peuvent et ne pourront jamais agir comme des grilles. Elles sont des points clignotants dans l’esprit de celui qui écoute. Elles se signalent à lui, en tant qu’outils, pour appréhender des cas, offrir du sens. Point barre. De quoi a-t-on peur ? Si l’on replaçait véritablement l’écoute, la véritable écoute ( là est la plus grande subversion) , et la parole du sujet au cœur de l’expérience psychanalytique, mais surtout au cœur du discours qui parle de l’analyse, on cesserait de lui faire cette mauvaise presse qui prive tant de personnes du soin.
Pourquoi ne pas parler simplement, sans nourrir ni un mystère érotisant, ni une angoisse infondée, de ce que l’on gagne ( et gagnerait collectivement ) en disposant d’un endroit pour se penser ? Pourquoi continuer d’en faire un luxe ?
Il est ahurissant de constater l’hystérisation des positions dans lesquelles se tiennent les uns et les autres, pour ou contre la psychanalyse. Comment peut-on être pour ou contre ? Comment peut-on statuer globalement, sur un espace qui se définit non seulement entre deux individus, le patient et le soignant, mais se redéfinit en permanence, au cours des séances, suivant l’évolution des sujets qui s’y engagent ? Comment peut-on être pour ou contre quelque chose que l’on ne pourra jamais englober ? Quelle farce est-ce de dire cela ? L’inconscient n’est, au fond, pas un territoire connu. Il est connaissable. Explorable. Et c’est une porte ouverte qui permet de se penser de plus en plus pleinement.
Quelle farce est-ce de ne pas enfin construire durablement la collaboration pacifique, pacifiée, bénéfique, qui peut exister entre tous ceux et celles, qui travaillent, cherchent, avancent, des connaissances et des dispositifs visant au bien être, au soin, à la réparation des individus. Quelle farce est-ce de se priver d’outils sérieux sous prétexte de frontières entre disciplines incompatibles ? Que ne réunissons-nous pas nos forces pour garantir, puisque le thème est brûlant, à la fois l’autonomisation des enfants et adolescents autistes, AINSI ( sinon cela n’a absolument aucun sens ) que la prise en compte et la consolidation de leurs positions de sujet, dans le monde qu’ils habitent, et qui est le nôtre et qui est le leur ? Comment peut-on, devant des parents désemparés et des enfants souvent mal, opposer encore les deux approches ? Quel est exactement l’enjeu pour que des « partisans » de méthodes opposées ne puissent pas être dans la même pièce ( expression entendue ) ? Qu’est-ce qui se cache sous cette crispation ?
Qu’attendons-nous - changement de sujet - face à l’augmentation des solitudes urbaines et solitudes tout court, face à la prescription en masse des psychotropes, face à l’augmentation des maladies professionnelles … pour enfin rendre accessibles les psychothérapies ou psychanalyse, et rembourser une base conséquente de leur coût, sinon tout ?
Pourquoi ne pas considérer que l’individu, quel que soit son état, est un appareil complexe, vivant, changeant, inventif, et que tout savoir, toute idée de soin se voulant définitif ou exhaustifsà son endroit, achoppe devant lui. Et c’est tant mieux. Il faut organiser, financièrement, politiquement, et dans le discours, une souplesse qui garantit à chacun le respect des droits qui sont les siens et la possibilité toujours accrue de se libérer dans l’existence. Le reste n’est que temps perdu et batailles de pouvoir.
22:27 | Lien permanent | Commentaires (4)
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ON CREVERA SOUS LES ENQUETES DE POPULARITE
10:00 | Lien permanent | Commentaires (1)
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La gare est une maison bien chaude, où les fonds de whisky ont la même couleur que la fouée dans la cheminée, et des pelotes de laines orange et or, circulent de main en main, de sorte que chacun des sièges pour chacun des passagers, soit tricoté du même soin.
Sorti de là, le train éclabousse de neige une falaise, très à pic, totalement arrondie d’amas blancs. Il roule sans bruits de ferraille, sans freins, dans une direction arrangée par un croissant de lune, si frais que l’hiver s’écrit en lettres hollywoodiennes.
Des indiens sans armes le prennent d’assaut, il ne ralentit pas, il vole en éclats de plumes. Les indiens vont aussi vite à cheval, que la locomotive sur les rails, tout explose en plumes blanches, et vient grossir la couche au-dessus de la roche.
Des enfants sortent des failles en courant. Ils sont la signature du temps. Ils hibernaient pour de rire. Il s’affairent, et sculptent des statues qui vont fondre. Ils ont les doigts gelés mais des quenottes à mettre en paquet dans la gueule des petites souris. Ca ressemble à Noel mais personne n’est masqué, aucune promesse ne leur ai faite sous le manteau.
Le train stationne, en équilibre, sans un seul pont. Les chevaux sont endormis sur le corps des indiens. Une fermeture de paupières plus tard, un astre a remplacé l’autre, et dix rayons de lumière franche transforme la falaise en clairière douce et calme. Au milieu un fil d’acier transparent. Ils tirent dessus comme à la fête foraine, une ribambelle d’oiseaux pâles et rieurs, remplacent les flocons c’est ainsi, ici, que l’on change de saison.

09:57 | Lien permanent | Commentaires (4)