04 décembre 2008

l'envol I

pigeons.JPGL’enfant resta longtemps et la chienne ne bougeait pas, réceptive. Lui, caressait de temps en temps le haut de son crâne et c’étai ainsi que tout allait. Moi, mon cœur fondait, doucement sous la chaleur retrouvée. Rien ne se diluait des noyaux durs de la peur mais mon coeur fondait, juste là, et il gouttait à mes pieds.

Tu avais peur des chiens avant, tu croyais qu’ils voulaient te mordre ?

Non

Ni celle-là ?

Je ne la connaissais pas avant, elle n’est pas à moi 

Tu n’avais pas peur qu’ils te croquent tes genoux ?

J’avais toujours peur, mais je ne savais pas que les chiens croquaient les genoux

Mais c’est faux. Ça c’est les choses que les gens croient pour s’effrayer, en fait, regarde, on met les bras autour et après les chiens c’est comme les autres, ils ont chaud.

23 novembre 2008

come back

Comment vous dire bordel

Comment raconter la pluie qui tombe

Comment ne pas se tromper quand on raconte la pluie qui tombe

Tu crois qu’on ferait revenir pour moi

L’appartement poussiéreux de Leonard Cohen

En plein hiver et dans un new york froid

Si l’on pouvait faire cela je revivrai un peu

 

Je serais assise auprès de lui,

lisant sur son épaule

La lettre qu’il écrit pour les autres

J’aurais rangé à côté

mon famous blue raincoat

Et je n’aurais rien dit jusqu’à ce qu’il parle.

11 novembre 2008

(feu)

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que reste-t-il des pages brûlées ?

29 octobre 2008

grisée

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Rien ne lui convenait mieux que le gris bas du ciel. Elle remplissait, secrète, une palette intérieure, se réjouissant toujours d’une nouvelle nuance. Les angles fonçaient les gris, les immeubles leur donnaient ombre et matière. Il n’était plus une seule heure sans qu’elle ne peigne dans sa tête, obsédée qu’elle était de retrouver, laiteuses, les couleurs de la ville qu’elle avait sous les yeux.

 

24 octobre 2008

oh !

 

 

Tu souffles sur tes doigts ou je rêve/tu as froid déjà /et novembre ?Il n’est pas là encore/Enfin à quoi tu penses ?/Si tu crois que l’hiver sera doux, tu as de drôles de croyances / Tu ferais bien de sourire/Ça réchauffe 

gouvieux nov07 079.jpg

 

 

 

 

 

22 octobre 2008

ralentissez s'il vous plaît

 

et l'on rétablirait le temps
en dimensions plus à l'échelle
il collerait mieux à la peau
nous conviendrait davantage

alors il serait des heures plus longues
plus faciles à passer dedans
moins difficiles à retenir
moins épuisantes

alors, seulement, la musique trouverait cadence

08 octobre 2008

l'animal

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Suspendue et autorisée

Tout comme me l’avait décrite l’enfant

Forte de ne plus très bien savoir où le nord, où le sud. Elle ne bouge pas, elle plane. C’est moi hier. Revenue dans la douceur du soir, à la plus belle heure de la nuit. Je suivais les phares des autres, et, tranquille, à l’intérieur, je tissais ma toile.

 

Devant elle, je ne cherche plus à voir et c’est à la place de cela que je trouve l’étonnement

J’aime l’idée qu’elle ne tienne à rien, ou au fil comme on dit, et je voudrais que tout soit un peu pareil en plus solide. Je voudrais que tout paraisse pouvoir s’évanouir la seconde d’après, mais que tout, pourtant, prenne ses racines profond.

Encore un peu à la regarder

 

 

et je dors

01 octobre 2008

près de l'eau

 

début juin 08 002.jpgje ne crois qu' à ce qui est petit, il disait et je songeais à la minuscule échelle que je garde à l'intérieur et  qui a toute ma confiance. Je songeais à mon rythme, sage et déconcertant, apprivoisé tous les jours au prix de quelques exercices bien pensés.

Je crois au petit, moi aussi. Aux petits même. J'y crois beaucoup. Je crois à nos petits pas, nos petites créations invisibles, nos petits amours, nos petites formes. Je crois à tout ce qui se voit mal ou peu, tout ce sur quoi il faut se pencher ou tendre l'oreille pour entendre.

Pendant ce temps défilait la ville et je m'étonnais encore d'autant de concordances entre deux têtes qui ne se connaissaient pas.

 

15 septembre 2008

détrempez-vous

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Fraîche et bonne, la flotte qui coulait tranquille de mes lèvres à la gorge et de la gorge au reste. Elle me remplissait le corps comme après une longue marche dans le désert là haut. Certains ventaient la première gorgée, moi je choisissais celles qui venaient en plus, en trop, confirmer ma véritable soif. Il n’en fallait pas moins.

C’était une sécheresse qui datait de longtemps, les pires étés passés en quête de la moindre goutte. Elle s’était installée tellement profond qu’il paraissait à présent impossible de la déloger d’où que ce soit.

Et pourtant, comme on dit, pourtant, lorsque l’eau revient et que l’on croyait ne plus savoir faire,

on boit.

03 septembre 2008

déchiffre

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dîtes moi quel étage et je vous dirai l'âge de l'arbre et les racines. dîtes moi tous les numéros dans l’ordre et je vous dirai s’ils sont gagnants. si les dates et les heures sont à jour parce qu’il m’arrive souvent de me tromper et je ne voudrais pas recommencer d’autant que le temps passe vous savez

et l’on monte

redîtes moi un peu pour l’âge que je vous dise pour la vieillesse et pour le reste

ce qu’il reste de vos numéros sur mes pages et dans mes livres. Rien n’est moins certain. Alors accrochez-vous ça décolle à l’intérieur. Je ne voudrais pas vous emmener plus loin  que    prévu  mais quand même j’y tiens.

alors l'étage ?