12 mai 2009
les pointillés
je regardais les lumières intermittentes. celle pas bien réglées, celles hésitantes. je regardais les diodes s'allumer et s'éteindre. Je me souvenais du phare, dans l'enfance, qui passait une fois dans la minute, suffisamment près pour éclairer la serrure et entrer.
je faisais l'éloge secrète des choses impermanentes, comme elles étaient fragiles et belles. Comme il fallait coûte que coûte les croire à jamais terminées pour goûter à leur renaissance.
Je savais qu'ils s'agissait là d'une des principales choses qu'il me fallait apprendre ou inventer
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05 mai 2009
plus une
Elle n’avait pas prévu de prière. C’est fou comme on est rattrapé. Elle disait le tas est assez gros déjà, des choses que l’on demande. Ne voulait pas enfler la liste. Et puis c’est fou comme on se rattrape, comme on invente au vol, un dieu, un océan, quelque chose de l’au-delà.
Elle a fabriqué en hâte quelques vers en sonnets, elle y a mis ce qu’elle savait du ciel et deux trois souvenirs du reste. Elle ne s’est pas agenouillée mais elle a laissé choir ses poignets sur ses cuisses. Le petit temps d’une demi minute, entre silence et grand vacarme.
Rien ne raconte jusqu’à maintenant, si ses paroles furent entendues.
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31 mars 2009
à l'est
Le village avait été construit entre deux routes. Les maisons d’un côté et de l’autre du trottoir, sur lequel il n’y avait plus de putes depuis longtemps. Comme dans les jeux d’avant, tout habitant était doté d’une vie supplémentaire, pour réessayer, mieux ou moins bien, sorte de prévision des actes manqués.
Il fallait se souvenir des balançoires, des chanteurs lunettes noires, se remplir les poches des cailloux tombés par terre, histoire de ricocher à l’infini. Bref, un village aux règles souples et immuables, inventées pour et par les hommes, avec l’injonction raisonnable de réinventer toujours.
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16 mars 2009
les anciens
je voudrais pas recommencer avec mes histoires de guerre mais quand la nuit tombait sur les passerelles, je voyais se dessiner des petits trous secs dans la peau des zébus. les traces des combats perdus et anciens. leurs peaux très dure percée par à-coups et aucun sang n’aurait coulé. j’imagine qu’on leur tirait dessus. j’imagine que c’est pour cette raison que leur véritable cachette demeurait à tous secrète.
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05 mars 2009
si je veux
les non invités. les libres. ceux qui prenaient le chemin qui leur semblaient bon ou doux. je ne regardais que ceux-là. ce sont eux qui me faisaient sourire. j'enviais le vent fort dans leurs têtes, les nuages légers qui leur servaient de sol. ceux-là je les observais de près et me préparais bientôt à marcher dans leurs pas.
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15 janvier 2009
pleine
Certaines fois nous n’étions pas à l’heure. Nous buvions trop. Nous traînions le soir. Nous allumions des cigarettes alors que brûlaient encore les autres. Nous faisions l’amour quand la nuit, silencieuse
Nous répétions en boucle des idées de fortune. On inventait les livres, on singeait les peintures.
Certains disaient de nous que l’on était vivant.
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06 janvier 2009
deuxmilleneuf

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10 décembre 2008
comme le bruit délicat
"..Je me souvins en fait ,de cette vie en friche, sur pause. Tout était en attente de quelque chose de supplémentaire. Tout voulait être complété comme juin par juillet comme les cubes qui s’emboîtent comme le bruit délicat d’une vraie main sur une vraie peau..."
19:16 Publié dans e x t r a i t s du reste | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
04 décembre 2008
l'envol I
L’enfant resta longtemps et la chienne ne bougeait pas, réceptive. Lui, caressait de temps en temps le haut de son crâne et c’étai ainsi que tout allait. Moi, mon cœur fondait, doucement sous la chaleur retrouvée. Rien ne se diluait des noyaux durs de la peur mais mon coeur fondait, juste là, et il gouttait à mes pieds.
Tu avais peur des chiens avant, tu croyais qu’ils voulaient te mordre ?
Non
Ni celle-là ?
Je ne la connaissais pas avant, elle n’est pas à moi
Tu n’avais pas peur qu’ils te croquent tes genoux ?
J’avais toujours peur, mais je ne savais pas que les chiens croquaient les genoux
Mais c’est faux. Ça c’est les choses que les gens croient pour s’effrayer, en fait, regarde, on met les bras autour et après les chiens c’est comme les autres, ils ont chaud.
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23 novembre 2008
come back
Comment vous dire bordel
Comment raconter la pluie qui tombe
Comment ne pas se tromper quand on raconte la pluie qui tombe
Tu crois qu’on ferait revenir pour moi
L’appartement poussiéreux de Leonard Cohen
En plein hiver et dans un new york froid
Si l’on pouvait faire cela je revivrai un peu
Je serais assise auprès de lui,
lisant sur son épaule
La lettre qu’il écrit pour les autres
J’aurais rangé à côté
mon famous blue raincoat
Et je n’aurais rien dit jusqu’à ce qu’il parle.
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