07 octobre 2009

Voyez le rayon à gauche

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Je n’ai pas pensé que cela lui tirait sur la tête , ou la nuque, ou l’épaule.J’ai à peine pensé qu’il entendait mal ou ne voyait pas bien

A la place je souriais au petit homme très juste, qui toujours penche le corps, pour mieux prendre le monde

il fallait y penser

 

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Au matin, deux qui volaient ne volaient plus. Ils flottaient à la surface d’une eau qui avait dû leur sembler clémente. Je les mis quelques heures sous le soleil nouveau et attendais pour voir mais rien. Rien de plus que leurs couleurs mêlées aux miennes.

Ils ne partiraient plus.C’est ici à présent qu’ils nageaient, et peine à ceux qui croient que papillon ne devient pas poisson.

Peine à ceux là.

très très haut

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Motif rouge soie

Bleu nuit,l’immense corridor

Concert de cigales

Et danse des ombres plates

Tu chantes je chante

mes poumons fument tes pas

Pars pas sans moi j’attends dehors

On croit toujours que je légère

mais me fais pas tomber

 

25 septembre 2009

Derrière DECEMBRE je ne cours toujours qu’à une jambe.

frehel août 2009 033.jpgDerrière septembre, j’attendais la fin, le bon numéro, en observant précisément les aléatoires de mon cœur.C’était bâtard et évident d’être née en automne, je le réalisais tous les ans un peu plus.Je n’avais qu’une saison en moi.

Le seul impératif n’est-il pas de photographier le gris ?

Entre le soleil et la pluie, souffrir et se réjouir de la fragilité du temps. Ne savoir pas compter sur ses doigts les heures qui séparent marrée haute de marrée basse. Tenir au monde par un scotch usé.

 

01 septembre 2009

seul lui

savait comprendre que je puisse vivre dix sept journées en une seule et d’autre fois, c’est une horrible chute, peiner à en apercevoir la moindre silhouette de zéro.

27 août 2009

parfois seulement

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L’orage c’est le ventre qui gronde. La pluie était orgiesque, le ciel suffisamment gris pour qu’il me tarde de chausser mes baskets rebondissantes. J’avais lu l’après midi-même et le poète disait, le gris couleur plurielle.

Un type me croisait à ce moment là en proposant à mes seins de concourir pour le meilleur t-shirt mouillé. J’eus l’aplomb inespéré de rire aux éclats.

13 août 2009

hier encore

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Là bas je pensais frontière Je pensais deuxième peau Je pensais deuxième peau morte qui trahit, qui laisse place Je pensais que l’histoire parfois ne nous pèse pas assez lourd à quelques uns d'entre nous Qu’elle nous laisse en paix mais aussi trop légers C’était : pourquoi t’es revenue ? pourquoi tu as retraversé ? C’était : qu’est-ce qui te fait pleurer autant dans le gris des immeubles ? Qu’est-ce qui te fait frisson lorsque le haut-parleur crache puissamment la complainte du muezzin ?

24 juillet 2009

j'allais mourir noyée

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rien ne traduisait mieux sa présence que le vent dans le tissu et jusque sous la peau. il était là et n'était pas là. c'était lumière et violence de l'absence. il était les heures et les regards vides et tout en même temps, le monde plein, enfin, à la bonne échelle.

 

03 juin 2009

les mots publics de Saint Blaise


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Qu’il s’agisse des ateliers au collège Jean Perrin ou du temps passé aux Jardins du béton, j’ai, à chaque fois, trouvé résonance avec ce qui me semble être mon propre langage. Il n’est pas forcément question de la forme orale systématiquement employée mais de l’absence d’introduction, d’une forme de brutalité inoffensive. Le rythme des mots qu’il m’était donné à entendre rejoignait celui qui me vient naturellement à l’écrit. J’ai aimé les façons de parler dans l’économie de tout.

Je ne me suis jamais dit qu’il manquait quelque chose. Les phrases les plus dénudées étaient pleines et portaient intensité, ou violence, ou poésie, mais toujours complètement.

Il était question de retraduire en mots et en sons ce que j’avais vécu, entendu, imaginé. Mais il y a cette chose qui partout m’a intéressée et suivie, cette chose dans les yeux. La corde raide entre l’enfance et l’adolescence, entre la détresse et la poésie, entre eux parfois, la corde cassante.

Celle-ci, je sais, ne se donne ni à lire ni à entendre et je n’ai pas cherché à le faire. Je sais que j’en ai gardé pour moi un large pourcentage et qu’il fera du chemin. Il trouvera nouvelle vie dans les histoires que j’inventerai. Personne, ni moi ni personne, ne saura alors la reconnaître.


(projet porté par Malte Martin et Agrafmobile - voir ce qu'ils font et disent : www.agrafmobile.net)

(installation des textes mis en espace par Malte Martin, visible tout le mois de juin dans la rue Saint Blaise)

 

22 mai 2009

pas la peine d'oublier les hommes

 

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