03 juin 2009
les mots publics de Saint Blaise

Qu’il s’agisse des ateliers au collège Jean Perrin ou du temps passé aux Jardins du béton, j’ai, à chaque fois, trouvé résonance avec ce qui me semble être mon propre langage. Il n’est pas forcément question de la forme orale systématiquement employée mais de l’absence d’introduction, d’une forme de brutalité inoffensive. Le rythme des mots qu’il m’était donné à entendre rejoignait celui qui me vient naturellement à l’écrit. J’ai aimé les façons de parler dans l’économie de tout.
Je ne me suis jamais dit qu’il manquait quelque chose. Les phrases les plus dénudées étaient pleines et portaient intensité, ou violence, ou poésie, mais toujours complètement.
Il était question de retraduire en mots et en sons ce que j’avais vécu, entendu, imaginé. Mais il y a cette chose qui partout m’a intéressée et suivie, cette chose dans les yeux. La corde raide entre l’enfance et l’adolescence, entre la détresse et la poésie, entre eux parfois, la corde cassante.
Celle-ci, je sais, ne se donne ni à lire ni à entendre et je n’ai pas cherché à le faire. Je sais que j’en ai gardé pour moi un large pourcentage et qu’il fera du chemin. Il trouvera nouvelle vie dans les histoires que j’inventerai. Personne, ni moi ni personne, ne saura alors la reconnaître.
(projet porté par Malte Martin et Agrafmobile - voir ce qu'ils font et disent : www.agrafmobile.net)
(installation des textes mis en espace par Malte Martin, visible tout le mois de juin dans la rue Saint Blaise)
14:27 Publié dans e x t r a i t s du reste | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
22 mai 2009
pas la peine d'oublier les hommes
12:20 Publié dans sans permission | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12 mai 2009
les pointillés
je regardais les lumières intermittentes. celle pas bien réglées, celles hésitantes. je regardais les diodes s'allumer et s'éteindre. Je me souvenais du phare, dans l'enfance, qui passait une fois dans la minute, suffisamment près pour éclairer la serrure et entrer.
je faisais l'éloge secrète des choses impermanentes, comme elles étaient fragiles et belles. Comme il fallait coûte que coûte les croire à jamais terminées pour goûter à leur renaissance.
Je savais qu'ils s'agissait là d'une des principales choses qu'il me fallait apprendre ou inventer
23:18 Publié dans sans permission | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05 mai 2009
plus une
Elle n’avait pas prévu de prière. C’est fou comme on est rattrapé. Elle disait le tas est assez gros déjà, des choses que l’on demande. Ne voulait pas enfler la liste. Et puis c’est fou comme on se rattrape, comme on invente au vol, un dieu, un océan, quelque chose de l’au-delà.
Elle a fabriqué en hâte quelques vers en sonnets, elle y a mis ce qu’elle savait du ciel et deux trois souvenirs du reste. Elle ne s’est pas agenouillée mais elle a laissé choir ses poignets sur ses cuisses. Le petit temps d’une demi minute, entre silence et grand vacarme.
Rien ne raconte jusqu’à maintenant, si ses paroles furent entendues.
16:52 Publié dans sans permission | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : marie richeux
31 mars 2009
à l'est
Le village avait été construit entre deux routes. Les maisons d’un côté et de l’autre du trottoir, sur lequel il n’y avait plus de putes depuis longtemps. Comme dans les jeux d’avant, tout habitant était doté d’une vie supplémentaire, pour réessayer, mieux ou moins bien, sorte de prévision des actes manqués.
Il fallait se souvenir des balançoires, des chanteurs lunettes noires, se remplir les poches des cailloux tombés par terre, histoire de ricocher à l’infini. Bref, un village aux règles souples et immuables, inventées pour et par les hommes, avec l’injonction raisonnable de réinventer toujours.
15:23 Publié dans sans permission | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16 mars 2009
les anciens
je voudrais pas recommencer avec mes histoires de guerre mais quand la nuit tombait sur les passerelles, je voyais se dessiner des petits trous secs dans la peau des zébus. les traces des combats perdus et anciens. leurs peaux très dure percée par à-coups et aucun sang n’aurait coulé. j’imagine qu’on leur tirait dessus. j’imagine que c’est pour cette raison que leur véritable cachette demeurait à tous secrète.
11:15 Publié dans sans permission | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05 mars 2009
si je veux
les non invités. les libres. ceux qui prenaient le chemin qui leur semblaient bon ou doux. je ne regardais que ceux-là. ce sont eux qui me faisaient sourire. j'enviais le vent fort dans leurs têtes, les nuages légers qui leur servaient de sol. ceux-là je les observais de près et me préparais bientôt à marcher dans leurs pas.
16:07 Publié dans sans permission | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
15 janvier 2009
pleine
Certaines fois nous n’étions pas à l’heure. Nous buvions trop. Nous traînions le soir. Nous allumions des cigarettes alors que brûlaient encore les autres. Nous faisions l’amour quand la nuit, silencieuse
Nous répétions en boucle des idées de fortune. On inventait les livres, on singeait les peintures.
Certains disaient de nous que l’on était vivant.
16:49 Publié dans sans permission | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
06 janvier 2009
deuxmilleneuf

16:20 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
10 décembre 2008
comme le bruit délicat
"..Je me souvins en fait ,de cette vie en friche, sur pause. Tout était en attente de quelque chose de supplémentaire. Tout voulait être complété comme juin par juillet comme les cubes qui s’emboîtent comme le bruit délicat d’une vraie main sur une vraie peau..."
19:16 Publié dans e x t r a i t s du reste | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



