03 avril 2008

ainsi soit-elle

1676655518.jpgIl n’avait pas saisi le fil la conversation. La conversation, faut dire, n'était pas facile à suivre. Les mots arrivaient, cahin caha, par bribes, sans sens, sans ordre établi. Il s’était appliqué pourtant, avait ardemment souhaité trouver dans ce mélange, les pistes d’un récit. Quelque part où l’on voudrait le mener. L’esquisse d’un personnage, d’une intrigue. Et rien. Rien ne venait d’intelligible ou de logique. Rien ne répondait aux cadres qu’il affectionnait.

Les premières heures de ce constat le plongèrent dans un désarroi profond puis, il se laissa aller. Les petites histoires lui convenaient ainsi. Il prenait les mots pour leurs sons, leur poésie. Il ne courait plus après la suite aux choses. Il avait abandonné son rêve de cohérence, et d’autres alors lui étaient apparus.

C’est ainsi qu’elle souriait. C’est ainsi qu’elle parlait. C’est ainsi que ses yeux se posaient sur le monde. Il fallait bien s’y faire, si jusque dans son souffle, elle était hasardeuse.

31 mars 2008

big bang élémentaire...

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...Mon cher watson, ces derniers temps, nous observions,, vous et moi, un silence de plomb. Rien ne supportait plus nos ailes, nous étions à tomber par terre d'amour et pourtant.  Je m'incline donc à votre proposition et soumets au jugement de tous, l'idée d'une révolution des coeurs. Qui ni plus ni moins consisterait, à entendre en son sein, les véritables coups. Les coups des coeurs, oui on le sait par la chanson, ne font pas tout, mais renseignent en revanche sur ce qu'il se passe vraiment dans ce domaine-ci. Si vous signez, je signe, et je suis. A bon entendeur.

26 mars 2008

elle pensa haut et fort si bien que le ciel s'éclaircit

1644878524.jpgA présent que la tempête était passée elle pouvait ramasser les arbres. Tout récupérer de ce qui était tombé. Tout replanter s’il faut, se mettre à la recherche des racines. On ne verrait pas de si tôt revenir les jonquilles, mais peu importe, il s’agissait de repenser le monde avant sa disparition et ne pas vouloir le reconstruire à l’identique.

Elle empila quelques ouvrages pour se faire une échelle et désemplir les nuages. Ils étaient prêts à pleurer encore et il avait suffisamment plu. Rien ne grondait de nouveau dans le ciel mais la prudence était de mise. La première journée fut longue et au bout d’elle-même elle s’assit pour s’écouter souffler. Comme tout paraît moins lourd lorsqu’on se remet au travail. Elle pensa haut et fort ce qui trottait depuis des heures, si bien que le ciel s’éclaircit.

25 mars 2008

dieu que ma maison change

ma machine pour écrire est en panne et c'est à croire que cela met la tête à l'envers.
c'est à croire que toutes les habitudes qui y sont liées sont immédiatement bouleversées.
tous les réveils qui commencent par elle, sont des réveils différents. Toutes les heures où elle reste allumée au cas où une idée.
de un : ma machine va remarcher bientôt. pas la peine de mâchonner de l'obscur.
de deux : l'ami bien éclairé dit qu'il existe encore les bonnes feuilles de papier.pas la peine d'exagérer.
l'ami bien éclairé est aussi bricoleur et c'est chez lui que dort ma machine en panne.
Dieu que ma maison change lorsque je n'écris pas. Dieu qu'il faut faire confiance à ces drôles d'épisodes.

17 mars 2008

c'est ainsi qu'ils écrivent les chansons là-bas.

1013135083.jpgCette musique il faut que tu la laisses derrière, je te l’ai offerte pour ça, pour qu’elle te serve de fond parce que je ne suis pas là, c’est vrai je suis ailleurs, elle sera là à ma place, tu devras de temps en temps l’écouter, ce sera pour entendre les doigts sur la guitare, n’oublie pas de quoi parle toujours les chansons et quand ce sera le vent, tend encore mieux l’oreille, parce qu’il est rare ici et que je ne suis pas là, je sais je suis ailleurs, il faudra te souvenir comment nous adorions jouer dedans, c’était l’enfance ou bien je ne me souviens plus, je ne vais pas te dire que j’ai la mémoire qui flanche tu vas penser encore que je me ris des fantômes, je n’ai pas de fantômes, c’est le passé qui fait ça, écoute la voix c’est parce qu’elle a trop fumé qu’elle s’éraille. Laisse la musique recommencer lorsqu’elle se termine c’est ainsi qu’ils écrivent les chansons là bas. Elle sera bientôt comme une trace qui hésite à disparaître du sable. Cette musique elle viendra te cueillir dans tes rêves, elle te les dictera tu pourras les écrire si ça te chante.

13 mars 2008

errrrrraTOUtesmesexcuses !

dans le mail qui vous invitait ici, une faute s'est glissée, le trac. Il fallait lire "je ne vous y accueillerAI" et non "REZ".

faute avouée à moitié pardonnée.  

28 février 2008

si je me souviens bien

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La chaise d' à côté est vide. Les murs se resserrent immédiatement jusqu'au coeur. Elle a chaussé les lunettes noires pour pouvoir marcher un peu. Ce n'est pas parce que la ville continue que les pas suivent. Le métro démarre. Il faut se perdre dans l'actualité du jour et les livres des autres.

Bientôt retrouver Ed et Mathilde et poursuivre l'écriture du reste. Le désir du reste. C'est toujours de cela qu'on renaît. Pendant que Paris hésite entre le gris et le lait, il s'agit de ne pas boire la tasse. Elle sert des mains aux feux rouges et construit ses plus beaux sourires, cela sauvra toujours l'affaire.

Qui ne croit pas au temps qui recouvre les matins ?

27 février 2008

écran noir du dictaphone n° 1 -- et pourtant.

(( il traîne dans la poche ou sur le bureau.Quand il y a de la musique, il la prend.

gare au grand moment de saxophone...pierre à la guitare, au c(h)oeur  ))


26 février 2008

le silence est d'or ?

Pas tout à fait. Qu'on se présente.Le silence oui. Dors, oui, beaucoup.Ecris.Il y aura de la poésie et des histoires. C'est à peu près ce que je sais faire.

On y mettra un peu de son, de temps en temps, pour les curieux,des images aussi.

On atteindra presque les trois dimensions. C'est pour clouer le bec à ceux qui disent que je tricote en secret

et continuer à le faire... bien sûr.